Mme Cottrez, je présume?

Publié le par Paddygenéalo

Je sais bien que Geneanet a mauvaise presse chez les généalogistes à l’ancienne qui dénoncent la facilité avec laquelle des petits nouveaux « pillent » leurs travaux. Sans doute certains préfèrent-ils vendre à prix d’or et sans pourtant couvrir les frais de publication leurs petites brochures. Bref, nul ou génial, tout dépend de l’usage que l’on fait de l’outil. Il y a une fonction qui a le don de m’amuser tout en me lançant vers la reprise de recherches anciennes qui n’ont pas abouti.

Ces jours-ci, Geneanet me dit que c’est l’anniversaire d’Hugues Cottrez (345 ans tout de même), mon sosa 1870. Ce nom là, je ne l’oublie pas car il reste lié à un mystère que non seulement je n’ai pas percé mais que je n’espère pas vraiment tirer au clair un jour. De cet ancêtre, je connais les descendants et même les parents, ce qui n’est pas mal compte tenu de l’époque à laquelle il vivait. Là où ça se corse, c’est à propos de son épouse.

Déjà, ça commence mal, je ne connais ni la date, ni le lieu du mariage. Mais pour cette époque, ce n’est pas si rare : on est à peine au début des registres de mariage, et encore, là où le curé a pris la peine de les tenir et où les mésaventures de l’histoire ont permis qu’ils arrivent jusqu’ à nous. Ce qui complique l’affaire, c’est que je ne suis même pas sûr de son nom, la faute à des actes inscrits dans les registres qui se contredisent.

Commençons l’enquête en 1707, le 13 septembre. Ce jour là est baptisé, par la sage femme, ce qui ne promet rien de bon, Jean Michel Cottrez.

 

 

Mme Cottrez, je présume?

En effet, le 14 il est inhumé : sur l’acte de baptême comme sur celui de sépulture il est dit fils d’Hugue Cautré et d’Elie Guilmain. Mais cette dernière décède le même jour et son acte de sépulture la dit « vivante femme de Hugue Cottrez » et le dit Hugues Cottré met sa marque à côté de son nom ainsi orthographié, dans un acte où le patronyme de la défunte est peu lisible, commence par « Guil » mais semble bien ne pas finir par « main ». On pourrait penser qu’il s’agit d’une coïncidence, que c’est une autre personne…

Mme Cottrez, je présume?

Ce qui semble à peu près sûr c’est le prénom : Elie, Hély, Elisabeth. Mais les actes de baptême des deux premiers enfants, Jenne Louise (ma sosa 935) et Jenne Thérèse.

 

 

Mme Cottrez, je présume?

Si on en croit son acte de baptême, Jenne Louise serait la fille «en mariage légitime de Hugue Cottrez et d’Elisabeth Frambacq ses père et mère ». Alors Frambacq ? Guilmain ? Evidemment, on pense à un premier mariage d’Hugues… Seulement la confusion devient encore plus grande quand on consulte l’acte de mariage de la même Jenne Louise le 24/09/1726 à Marchiennes où elle est née.

En effet, sur cet acte de mariage elle est dite « fille d’Hugues et d’Elÿ Gillemain ».

Mme Cottrez, je présume?

Reste alors à espérer un peu de clarté de l’acte de baptême de Jeanne Thérèse : hélas, il jette encore plus de confusion car le patronyme de sa mère est cette fois laissé en blanc ! Qu’en penser ? Sans doute le curé avait-il un doute sur le nom réel de la mère… Peut-être a-t-il laissé un blanc en pensant y revenir ensuite, mais l’acte est resté ainsi pendant trois siècles.

Mme Cottrez, je présume?

Evidemment, on peut ajouter quelques autres informations :

  1. A sa mort Eli X avait 38 ans, ce qui fait tout de même un âge avancé à la naissance de Jenne Louise si celle-ci est sa première fille. Aurait-elle été mariée une première fois ? ce qui pourrait expliquer une confusion. Ou les époux ont-ils vécu ailleurs avant de s'établir à Marchiennes (mais pas de trace d'autres enfants par leur mariage ou leur décès)
  2. Hugues Cottrez est dit « jardinier », mais qu’est-ce que cela signifie en 1700 à Marchiennes, qui est à cette époque un gros bourg bâti autour de l’abbaye.
  3. Il n’y a ni Guilmain, ni Gillemain, voire Gilleman ou autre à Marchiennes à cette époque.
  4. Quant aux Frambacq ou Frambach, les plus proches sont dans la province de Liège, où on trouve bien une Elisabeth née en 1669 ne laissant pas trace de mariage ni de sépulture, mais aucun lien établi ou même plausible avec celle de Marchiennes. 

Je n'ai pas trouvé le mariage dans les registres de Marchiennes (celui d'un frère d'Hugues est là en revanche).

Voilà où en est l'énigme. Je ne pense pas que ce genre de situation soit rare: au contraire il me semble assez probable que nous ayons tous, parmi ceux qui se sont penchés sur leurs ancêtres un peu lointains, ce genre de sitaution.

 

NB: tous les actes sont issus de registres disponibles en ligne aux AD Nord (5 Mi 023 R 014).

 

Publié dans Généalogie

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Ferréol 28/05/2015 08:52

Bonjour,
Par jardinier, il faut entendre cultivateur (j'ai une telle mention au XVIIIe).
Frambacq pourrait être le surnom familial des GUILLEMAIN (j'ai eu un cas semblable que j'ai pu résoudre grâce à cette découverte). A noter qu'Elie est bien évidemment le raccourci d'Elisabeth.

Paddygenéalo 28/05/2015 10:06

Merci pour ces idées. Pour "jardinier", j'avais à peu près cela en tête. En revanche, la piste du surnom familial, je n'y avais pas pensé et effectivement cela peut expliquer. Reste que Guilmain, sous une variante ou une autre, il n'y en a pas à Marchiennes et je n'en ai pas trouvé dans un voisinage raisonnable.