Back in the USSR...

Publié le par Paddygenéalo

Well, not USSR, USA... I’m in Atlanta, Georgia, guys… Not my first time… I actually don’t know how many times I’ve been here…

Bon, je vais vous épargner le post in English pour livrer ce que m'inspire ce nouveau bref déplacement outre Atlantique…

Oui, c’est vrai, j’ai passé pas mal de temps dans ce pays, et je ne m’y sens pas vraiment à l’étranger même si je suis sans aucun doute un étranger. J’y ai même habité. Pas ici, mais presque, dans le sud dirait un new-yorkais, à DC. A l’époque, j’ignorais un détail appris au fil de mes découvertes généalogiques. Ma famille a un lien avec ce pays que finalement peu de ses propres ressortissants ont : l’un des miens, un cousin pas si proche en fait, était avec Lafayette ! Enfin, non… Il était sous les ordres de Rochambeau mais ce nom là est beaucoup moins connu. Lafayette, tout français qu’était le marquis, faisait partie de l’armée des américains, avec Washington. Le corps expéditionnaire français était sous le commandement de Rochambeau, que les français des Etats-Unis, et surtout ceux de Washington, DC ne peuvent ignorer puisque c’est son nom que l’on a donné au lycée français de la capitale américaine.

J’ai souvent entendu parler par ma grand-mère d’un mythique « oncle d’Amérique » dont les Groulez de Marchiennes auraient hérité au début du XXè siècle. Oh, pas au point de les rendre riches… Mais enfin, il y avait donc un « oncle d’Amérique ». J’ai cherché ses traces, en vain, y compris en parcourant les registres d’Elis Island où j’ai retrouvé une autre cousine pas si proche. D’ailleurs, qui sait si ce n’est pas elle le fameux « oncle d’Amérique ». Mais je ne pense pas.

Alors, serait-ce ce soldat du régiment de Metz ? Celui-là, je l’ai cherché après un message sybillin d’un « cousin » généalogique qui a particulièrement étudié les Groulez, de Marchiennes et aussi des branches qui ont quitté le nid au fil du temps, à vrai dire surtout à partir de la fin du XIXè siècle. Un jour, j’ai reçu un message disant en substance « Ah les Groulez, quelle famille, il y en avait même un avec Lafayette, je vous laisse le découvrir ». C’est comme ça que, bénie soit Gallica, j’ai fini par trouver l’ouvrage qui référence nommément les soldats de ce corps expéditionnaire (« sus à l’anglois, ne nous y trompons pas ») et sans s’arrêter aux officiers, nobles évidemment, mais en citant le moindre soldat, non seulement roturier mais issu du petit peuple.

Baptême Nicolas Groulez (source AD Nord)

Baptême Nicolas Groulez (source AD Nord)

Nicolas-Joseph Groulé né à Marchiennes en 1755 a sans doute rejoint le régiment où servait son parrain Pierre-Joseph Georges (un des anciens du régiment, engagé en 1757) et où on retrouve un autre natif de Marchiennes (Alexandre Dussart né en 1759), ils sont tous deux de la compagnie Tardy de Montravel, quelques-uns de Douai, et d’autres de Condé (dont un Augustin Thiéfry qu’il me faudrait étudier) ou de Saint-Amand (et même un de Thun). Il y a aussi un chevalier de Cadignan, né à Condom et lieutenant-colonel (avec un baron de Cadignan), là non plus je n’ai pas creusé, n’ayant pas de goût particulier pour le sang bleu, mais enfin prouver un cousinage avec celui-là et avec d’autre part Robespierre m’amuserait pas mal.

Revenons à Nicolas-Joseph Groulez… On sait qu’il s’engage le 1er février 1776 au régiment de Metz, suivi le 3 par son compère (supposons le) Alexandre Dussart, sans doute sous l’influence de Pierre-Joseph Georges. Ce n’est qu’en 1780 que le régiment de Metz apporte son artillerie à Rochambeau. Auparavant, il avait été envoyé aux Antilles en 1777. Il fut rapatrié en France en 1784.

Mais Nicolas-Joseph ? Je n’ai rien trouvé à son sujet à Marchiennes après 1784… Il est le fils de Charles Joachim Groulez et Thérèse Phalemp, quant à son père, il est lui-même le fils de Charles Louis Groulez et Suzanne Lesoin, lequel Charles Louis est le frère d’Honoré Groulez mon sosa 896. Il y a donc 6 générations jusqu’à mon arrière-grand-père Achille Groulez. Il est donc à peu près certain que le fameux « oncle d’Amérique » (c’est Achille l’héritier, à moins que ce ne soit pas chez les Groulez qu’il faille chercher) n’est pas un descendant sans héritier de Nicolas-Joseph.

A propos de l’oncle, dont je disais plus haut qu’il aurait pu s’agir d’une tante, c’est à vrai dire tout aussi peu plausible : Laure Léontine Lesoin a débarqué à Elis Island en 1919. Elle est une descendant de Pascal Lesoin, lui-même grand-père de Philomène Lesoin, mère d’Achille cité plus haut. Alors pourquoi revenir sur elle ? Mais parce que la bateau qui l’a trasportée en Amérique était le Rochambeau ! Ce qui permet de revenir à Nicolas-Joseph Groulé, soldat du régiment de Metz, et ainsi du corps expéditionnaire commandé par Rochambeau, allié de Washington.

Back in the USSR...

J’ai cru un temps qu’il s’agissait du Nicolas Groulez que l’on retrouve en Flandres à Courtrai vers 1785, mais après quelques recherches (et avec l’aide des forumistes de Geneachtimi pour traduire des actes en néerlandais), je peux établir avec certitude qu’il s’agit d’une autre branche issue des Groulez de Marchiennes dont le premier connu serait un Jean Groulez, né vers 1630 (le premier acte de baptême est celui de son fils Jean Charles en 1665).

Je ne sais donc pas ce qu’il est advenu de Nicolas Joseph. Il n’est pas mort au combat : le document déjà cité précise les éventuelles dates de décès. Evidemment, il peut toujours avoir été omis. Le plus probable est qu’il est rentré en France avec le régiment de Metz. Est-il resté aux armées ? Son engagement est-il arrivé à son terme et s’est-il fixé ailleurs ? Qui sait ? Jusqu’au XXè siècle, il y a peu de Groulez loin de Marchiennes mais après tout, rien n’est impossible.

 

PS: tout cela a été écrit en arrivant à Atlanta et posté ici quelques jour plus tard, faute de moyens techniques adéquats avant.

Publié dans Généalogie

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