Découvertes après le post sur Léandre Blasseau

Publié le par Paddygenéalo

Voilà quelques jours, c’était l’anniversaire de la naissance de Léandre Adolphe Joseph Blasseau, né le 5 juin 1839 à Fresnes sur Escaut.

A cette occasion, j’ai construit un post de ce blog pour retracer, avec le peu d’éléments tangibles dont je dispose le parcours de sa vie. Les familles de mariniers ne sont pas simples à suivre : comme je l’ai dit dans le post auquel je viens de faire référence, les naissances et les décès se sont produits là où se trouvait le bateau et du coup, reconstituer avec certitude une fratrie est un défi qu’il n’est pas simple de relever.

Et justement… Me pencher à nouveau sur la vie de Léandre Blasseau, mon trisaïeul, m’a poussé à creuser un peu plus. Il se trouve que depuis l’époque où j’avais parcouru cette branche de mon arbre, las Archives Départementales du Nord ont mis en ligne nombre de registres du début du XXè siècle, ce que j’avais déjà pu exploiter quand j’ai dressé les listes des soldats de 14-18 et pu, pour certaines communes, obtenir les actes de décès retranscrits.

Il y a quelques jours, je ne savais ni où ni quand était décédé Léandre Blasseau. Aujourd’hui, je le sais : comme sa fille Laure s’est mariée à Thivencelle, j’ai consulté ce registre maintenant en ligne et y ai, en plus du mariage de mon arrière-grand-tante, découvert l’acte de décès de son père.

 

Cet acte nous apprend plusieurs choses :

  1. Il est décédé sur son bateau, dit « en sa demeure ». Continuait-il à naviguer ? A 67 ans ? Difficile de le savoir mais en 1907, les caisses de retraite étaient encore une vue de l’esprit…
  2. Estelle Dartois, son épouse, lui a survécu.
  3. Un certain Maurice Blasseau est témoin et il est dit neveu du défunt.
Découvertes après le post sur Léandre Blasseau

Trois informations pour un acte, ce n’est pas mal. Sur la première, on apprend où Léandre Blasseau est décédé mais pas grand-chose de plus. Cependant, il y avait certainement des raisons pour que le bateau soit stationné précisément là où vivait sa fille Laure.

La seconde permet de se dire qu’on a de bonnes chance de retrouver la trace d’Estelle Florentine Dartois (ou Darthois selon les actes) dans les tables décennales de Thivencelle où elle s’est probablement fixée, chez sa fille. Et en effet!

Découvertes après le post sur Léandre Blasseau

Et de nouveau la mise en ligne des registres de Thivencelle est une aubaine puisque l’on y découvre que Florentine Darthois (c’est bien elle, comme en atteste sa filiation et l’indication qu’elle est veuve de Léandre Blasseau) est en fait décédée à Rouen en janvier 1918 même si la transcription (une nouveauté à l’époque) n’a été faite qu’en 1919, la faute à la guerre (n’oublions pas qu’une bonne partie du Nord était occupée par les Allemands, c’est même pour ça qu’en 1940, les civils ont « évacué »…). Et là, si on creuse un peu, on voit qu’elle est décédée 12 rue Ste Adélaïde. Or, la consultation de la fiche matricule de son petit-fils Lyonnel Bernard, mon grand-père, dit qu’il était domicilié à Rouen « rue Adélaïde » en 1918 lorsqu’il a, à 19 ans, rejoint l’armée. Cette rue se situe sur une île de la Seine, l’île Lacroix, un vrai repaire pour batelier! Faut-il en déduire que toute la famille, grand-mère enfants et petits-enfants s’y trouvait ? Je ne l’affirmerai pas.

Reste Maurice Blasseau… Je ne le connaissais pas jusque là mais comme je ne connais qu’un frère de Léandre Blasseau, Clément Gustave Joseph, j’ai présumé que c’était son fils. Cependant, ce n’était qu’une supposition, et très difficile à démontrer faute d’autre élément. Quant à trouver un acte de naissance, comment faire ? Parcourir tous les registres le long des rivières et canaux du Nord, de l’Aisne, de l’Oise et pourquoi pas aussi la Seine… Impossible. Et j’ai bien fait de ne pas essayer : je ne l’aurais pas trouvé. C’est là que je sors ma « botte secrète », le registre matricule. En effet l’acte de décès de Léandre dit que Maurice, son neveu, est militaire et âgé de 23 ans. Avec un peu de chance, il a été recensé à Valenciennes (et avec encore un peu plus de chance le registre n’a pas été détruit) avec la classe 1903 ou 1904. Bingo! C’est la classe 1904 et le registre nous est parvenu. La fiche matricule de Maurice Blasseau apprend qu’il est né à Reims, j’aurais pu le chercher longtemps dans le Nord… Mieux, la fiche matricule donne le lieu et la date de son décès, en 1928 à Longueil-Annel ce qui en soit est un indice qu’il a poursuivi l’exercice de la profession de marinier.

Comme la Marne dispose d’un état-civil en ligne tout à fait correct, l’acte de naissance de Maurice Blasseau n’est pas bien difficile à trouver. Maurice est donc né sur le bateau Cléona amarré boulevard Dien Lannière (je n’ai pas retrouvé ce boulevard dont j’ai un peu de mal à déchiffrer le nom, il s’agit peut-être de l’actuel Bd Maurice Noirot si on se base sur le domicile de l’un des témoins rue de la tirelire située à proximité et sur le fait que ce boulevard est bien en bordure de canal). Et enfin une note sur laquelle on rebondit puisqu’on y apprend qu’il s’est marié à Douai en 1909, ce qui ouvre une nouvelle recherche. Et hop, un petit coup de Geneachtimi pour localiser facilement le registre qui va bien. Cet acte donne le nom (Hélène Vantroyen ce qui est en soi tout un programme...) et le lieu de naissance de l’épouse (à Arques en 1884), et confirme que Maurice était batelier.

Bien sûr, on pourrait encore continuer, mais pour aujourd’hui, ce n’est déjà pas mal.

Publié dans Généalogie

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Elise 07/06/2015 12:46

Ces recherches sur les bateliers sont passionnantes :-) Merci de les partager, et de nous faire voyager !
Connaissez-vous le blog de Céline http://luniversdeceline.com ? Elle fait également des recherches sur des ancêtres bateliers, dans les mêmes coins que vous. Vos ancêtres se sont sûrement croisés ;-)
A bientôt,
Elise