Au Burkina aussi on a des « poilus »

Publié le par Paddygenéalo

Je l’ai déjà écrit : je n’avais a priori pas d’intérêt particulier pour la guerre de 14, ni pour aucune autre d’ailleurs mais au fil de recherches généalogiques j’ai découvert que si mes grands-pères n’y avaient pas été tués (je ne serai pas là), d’autre membres plus ou moins proches de ma famille l’ont été, à commencer par des cousins germains de mes grands-parents. C’est donc par la généalogie que je suis arrivé aux fiches matricules puis au site « Mémoire des Hommes ».

Mais une fois là, j’ai eu envie de pousser plus loin, et en particulier de regarder si on avait gardé la trace de soldats venus du Burkina Faso, connus comme "tirailleurs sénégalais" bien entendu. Tout naturellement, j’ai cherché des Ouédraogo. Et surprise : aucun !

Au Burkina aussi on a des « poilus »

Je n’y ai pas cru. Mais un seul Kaboré, aucun Compaoré. Non vraiment pas plausible. Il devait y avoir une explication. En effet… Elle est toute simple : il se trouve que l’on a retenu à l’époque comme prénom ce qui est de nos jours un nom et vice versa. Et là ça va mieux : 12 Ouédraogo.

Au Burkina aussi on a des « poilus »

Mais tout de même… 12 seulement ? Je me suis dit que le blanc devait avoir l’oreille un peu compliquée et qu’il avait transcrit ce qu’il entendait, comme il pouvait. C’est bien cela : les soldats morts pour la France prénommés « Ouidraogo » sont 29. Voilà la piste à suivre : chercher en prénom et essayer toutes les variantes. Je ne suis pas sûr d’être au bout, je continue de découvrir des variantes comme Ouedraogho, Oueddraogo, Ouidiraogo ou encore Ouédiaogo, sans oublier Wedraogo et quelques autres.

Eh oui, non seulement les noms et prénoms sont inversés par rapport à ce qui a été retenu par la suite mais en plus les transcriptions de l’époque sont loin d’être harmonisées. Mais en jouant si des recherches tant en nom qu’en prénom, on arrive vite à identifier un bon nombre de ces soldats, dont certains n’ont pas toujours été référencés par « Mémoire des Hommes » comme relevant de l’actuel Burkina. Il faut dire que le plus souvent la fiche comporte un « Haut Sénégal Niger » parfois surchargé de « Haute Volta » … ou autre chose. C’est ainsi que des soldats au nom sans équivoque Mossi se sont retrouvés sénégalais ou ivoiriens. J’en ai signalé quelques-uns mais la correction n’est pas facile dans la mesure où beaucoup de ces fiches relatives à des tirailleurs sénégalais sont très incomplète et ne mentionnent pas de lieu de naissance.

J’ai donc vite compris que tenter l’indexation de tous les soldats morts pour la France nés dans l’actuel Burkina était une tâche impossible. Alors je me suis rabattu sur une solution plus accessible consistant à prendre sur « Mémoire des Hommes » la liste des soldats connus comme étant nés au Burkina une année donnée. Bien sûr, quand on voit la proportion, parmi les fiches consultées avec d’autres critères mais concernant des « burkinabé », de celles qui n’ont pas de date de naissance connue, on sait qu’en faisant ainsi, on en manque. Cependant, il y a à ce jour 2328 fiches correspondant à des soldats enregistrés comme nés au Faso sur Mémoire des Hommes. Autrement dit, avant d’avoir épuisé ceux qui ont une année de naissance connue, il y a du travail.

Je l’ai donc engagé.

A ce stade, les années de naissance antérieures à 1886 sont indexées. Je ne sais pas exactement combien de fiches cela fait. En tout, y compris ceux du Séquana, ceux de l’Athos et tous ceux retrouvés par leur nom, j’en suis à environ 250.

Sans doute ferai-je une carte des lieux de naissance et une autre pour ceux de décès. Pour l’instant je l’ai fait pour ceux de 1884.


Le lieu de naissance est soit celui qui figure sur la fiche MdH quand il est localisable (nom phonétiquement identique à un lieu connu aujourd'hui), soit le chef-lieu correspondant à "cercle de xxx" sur la fiche, soit encore le bureau de recrutement à défaut, et si aucune de ces informations n'est connue, le soldat n'est pas sur la carte.

 

Le travail est en cours, il ne finira pas demain… Probablement quelques autres posts ici même viendront compléter celui qui se termine ici.

Publié dans 14-18, Burkina

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article