Curiosité réactivée

Publié le par Paddygenéalo

Il est toujours intéressant de consulter ce que disent les collègues sur leurs blogs consacrés à la généalogie. Hier, au détour d’un tweet, j’ai découvert celui-ci, du site "Auprès de nos racines",  qui constate un nombre anormal de décès dans une localité (Carignan, dans les Ardennes) en décembre 1813. Je ne vais pas raconter ce post, le mieux est d’aller le lire.

En quelques mots, il constate le décès de nombreux soldats de la Grande Armée enregistrés par l’état civil local, et aussi une épidémie, sans doute de typhus, à laquelle succombent aussi des habitants de Carignan. On peut hélas penser que cette situation s’est produite à d’autres endroits traversés par l’armée en retraite. Ensuite, l’article constate que parmi ces soldats dont le décès a été enregistré dans les Ardennes, beaucoup sont notés déserteurs dans les registres consultables sur le site « Mémoire des Hommes ».

C’est là que j’ai été interpellé et qu’un des mystères découverts en tentant de retrouver mes ancêtres m’est revenu à l’esprit.

En consultant l’acte de décès d’Ernestine Deletrez (sosa 181), j’avais découvert l’existence de Pierre-Joseph Blervacq, rentier et membre de la Légion d’Honneur, ainsi qu’il y est présenté. Dans cet acte, il est dit que la défunte est sa « mère propre » (elle est dite belle-mère de l’autre témoin, un nommé André Robert, époux d’Henriette Blervaque, sœur de Pierre Joseph et aussi de Louis Joseph, dont l’acte de baptême m’apprend l’existence d’un autre frère, Charles Joseph qui y est dit « frère à l’enfant »).

Donc, je tenais un parent, pas si éloigné puisque frère d’un de mes ancêtres à la sixième génération, qui était membre de la Légion d’Honneur, celle d’origine et pas la breloque de complaisance qu’elle est devenue (j’ai trouvé deux grands oncles décorés à titre militaire comme anciens de 14-18 mais des décennies plus tard et plus sûrement parce qu’ils avaient atteint une position sociale qui leur ouvrait des portes mieux que les citations militaires de la guerre).

Seulement voilà, le premier grand oncle décoré m’avait fait découvrir la base Leonore (où on peut consulter son dossier, y compris le rappel à l’exemplarité après sa condamnation à une amende consécutive à un accident de la route). Et Pierre-Joseph Blervacq ne s’y trouve pas. Il y a un autre Blervaque, militaire lui aussi, né à Alstadt-Eschwege dans la Hesse en 1813 et mort sans doute dans le dénuement en 1876 à Abeeville : je n’ai pas pu établir de lien entre les deux, ni avec d’autres Blervaque. Pourtant le nom est du Nord, et même pour moi de Flines-lez-Râches (mais là, je suis un peu restrictif).

Comme Pierre-Joseph n’était pas un ascendant mais juste un collatéral, je n’ai pas tellement creusé : j’avais bien identifié son acte de décès, où il est fait mention de la Légion d’Honneur (ordre royal cette fois car on est en 1836), mais je me contentais de ce faisceau de présomption, tant il paraît peu probable qu’une usurpation de titre ait pu durer aussi longtemps, d’autant que cela se passait à Marchiennes, chef-lieu de canton, donc pas un petit village isolé.

Affaire classée donc.

Mais hier, elle s’est subitement ré-ouverte : diable, et si je trouvais ce dossier sur Mémoire des Hommes ? En effet, avec l’aide de quelques posts de divers forums, je trouvai assez vite l’unité à laquelle il appartenait, les chasseurs à pied de la Garde. Une fois cet élément connu, il suffisait de parcourir la table alphabétique (à la fin du registre) pour trouver la page où se trouve le dossier de cet « oncle ». Oh, rien de si complet que les fiches matricules de la Grande Guerre, mais tout de même d’assez précieuses indications.

Curiosité réactivée

Pierre-Joseph Blervac (cette fois juste un « c », ni « cq », ni « que » comme on le connait de nos jours) y est dit fils de François et de « Elastine Deletret » et il serait né le 5 mai 1776 à Martianne. On pourra toujours pinailler mais il ne fait pour moi aucun doute qu’il s’agit bien de Pierre Joseph Blervacque né à Marchiennes le 5 août 1776 fils de François et Ernestine Deletrez (l’orthographe change selon les lectures et les normalisations des uns et des autres).

Seulement voilà, toujours rien quant à la Légion d’Honneur… En fouillant les forums, j’ai vu qu’un de ses descendants a effectué des recherches plus approfondies et a trouvé des documents échangés entre la mairie de Marchiennes et la préfecture du Nord (un tableau de renseignements sur des membres de l’ordre royal de la légion d’honneur). On en reste au faisceau de présomptions.

Mais la fiche consultée sur Mémoire des Hommes indique qu’il a été « congédié avec retraite » et qu’il doit donc exister un dossier de retraite. Là aussi, mon « cousin », pas identifé toutefois, a déjà travaillé et sait qu’il existe un «Tableau général et alphabétique des pensions à la charge de l’État, inscrites au Trésor Royal à l’époque du I.er septembre 1817 ». J’avais espérer trouver cela sur Gallica mais non, tout n’y est pas. Dommage, on y aurait peut-être trouvé la pension reçue au titre de la Légion d’Honneur par Pierre Joseph Blervacq, celle qui sans doute justifiait son statut de « rentier » dans l’acte de décès de sa mère.

Il faudra donc aller à Vincennes et espérer pouvoir consulter ce dossier de retraite.

Publié dans Généalogie

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