Réouverture du dossier "Bouvignies"

Publié le par Paddygenéalo

Le monument aux morts de Bouvignies est, avec entre autres ceux de Flines-lez-Râches et Coutiches, l’un des premiers que j’ai cherché à indexer à l’aide du Livre d’or. J’étais tellement sûr qu’une page existait ici que, lorsque j’ai trouvé en indexant les victimes du 25 septembre 1915 un nom qui ne me disait rien et pourtant était décrit comme figurant au monument de Bouvignies, c’est ici, sur ce blog, que j’ai voulu vérifer.

Mais non, rien. Effectivement, sur la page « mes villages », pas de lien vers une page spécifique. Je me suis retourné vers mes ressources internes et surprise, pas non plus de table sauvegardée.

En réalité, comme il s’agissait de mes premières indexations systématiques pour le défi « un jour un poilu » de Mémoire des Hommes, je n’étais pas organisé. Et d’ailleurs, pas seulement pour noter mes résultats, aussi pour effectuer les recherches.

A l’époque, je m’étais appuyé sur le livre d’or, un peu trop exclusivement. En effet, plusieurs noms qui sont inscrits sur le monument aux morts de Bouvignies n’y figurent pas.

Il m'est donc venu l'idée, au travers de cet exemple, de dire comment je m'y prends.

 

Plaque commémorative de l'église de Bouvignies (Source Lille-3) devant laquelle je suis si souvent passé sans la voir

Plaque commémorative de l'église de Bouvignies (Source Lille-3) devant laquelle je suis si souvent passé sans la voir

Charles Félix Hyolle

Ce natif d’Arleux est mort en Argonne le 25 septembre 1915, sa fiche sur Mémoire des Hommes dit que son décès a été transcrit à Guesnain. Et pourtant, c’est bien parce qu’il est inscrit sur le monument de Bouvignies que je l’ai noté sur le site MemorialGenWeb. Il est né en 1885, c’est donc un homme de trente ans qui est tombé lors de l’offensive de Champagne. C’est-à-dire probablement un homme marié, ce qui pourrait expliquer le lien avec Bouvignies.

Pourtant, sa fiche matricule n’indique rien de cela, en particulier pas de « secours » versé à une éventuelle veuve. Elle laisse en revanche trace d’un domicile à Estrée-Blanche dans le Pas-de-Calais, précisant sa profession de mineur (Estrée-Blanche est à l’extrémité ouest du bassin).

Il fallait donc consulter le registre d’Arleux en espérant y trouver en marge la mention de son mariage. Et en effet… Il a contracté mariage à Bouvignies le 28 mars 1910 avec Lydie Théry (un autre nom gravé sur le monument d’ailleurs). C’est ainsi que le nom de Charles Félix Hyolle  On notera que la consultation de la table décennale des mariages de Bouvignies nous aurait appris la même chose.

Enfin, un coup d'oeil sur le registre de Guesnain montre qu'il résidait dans cette commune, raison pour laquelle son décès y a été transcrit.

C’est parce que j’ai trouvé ce soldat que je me suis décidé à rouvrir le dossier « Bouvignies »

Les ressources

J’avais donc utilisé le livre d’or pour mon indexation initiale, qui s’avérait incomplète. Ce n’est pas une raison pour négliger cette ressource, d’autant qu’elle est facilement accessible sur le web et que l’on peut télécharger les pages pour travailler ensuite hors connexion (dans mon cas, dans les transports en commun).

Sur certains livres d’or, on voit que des noms ont été proposés et refusés, soit que le lien avec la commune n’était pas suffisant, soit que la qualité de « mort pour la France » n’était pas établie. Seulement, ensuite, au fil des années, il est arrivé que des soldats oubliés lors de l’établissement de la liste aient été ajoutés et leur nom a été gravé. Le relevé du monument lui-même est alors la meilleure source. Mais où le trouver ?

La plupart des monuments ont fait l’objet de relevés que l’on peut trouver sur le site MemorialGenWeb1 et même si, par nature, les victimes des différents conflits y sont mélangés, il est aisé de retrouver ceux de 14, puisque c’est ici l’objet de la recherche. En général, les informations que l’on trouve là sont de qualité, mais le degré de détail est très variable, parfois même d’un soldat à l’autre.

Une autre ressource à ne pas négliger est l’inventaire réalisé par l’université Lille-3 des monuments aux morts. Non seulement on y trouvera la photographie de beaucoup des monuments érigés dans les villages français mais souvent aussi la liste des noms y figurant. Dans le cas de Bouvignies, on trouve encore la description de la plaque commémorative de l’église, laquelle permet de mieux comprendre une certaine confusion. En effet, la plaque comporte une section « Sec Marais ». Là, il vaut mieux avoir une petite connaissance de la géographie locale. Le hameau de Sec Marais est rattaché à la commune de Marchiennes mais ses habitants étaient plutôt paroissiens de Bouvignies, du moins au temps où il y avait un curé.

On n'oubliera pas enfin qu'un nom a pu être gravé sur un monument mais aussi sur un autre (plusieurs de ceux de Bouvignies sont aussi à Marchiennes) et que le noms gravés ne sont seulement ceux de soldats mais aussi de victimes civiles (comme Louis Choteau décédé à Sec Marais "lors du passage de la troupe allemande" le 24 août 1914). En conséquence, il est fort possible qu'une fiche concernant, d'une manière ou d'une autre, la commune étudiée ait déjà été indexée sur Mémoire des Hommes: une recherche sur les critères additionnels issu de l'indexation collaborative pourra se révéler fructueuse! Pour Bouvignies, un exemple est Edmond Hadoux, né à Bouvignies mais dont le nom figure sur le monument de Flines (et son livre d'or).

Compilation

Une fois toutes ces ressources identifiées, il reste à compiler les données de toutes ses sources et surtout à les croiser avec :

  • Les fiches matricules
  • Les fiches Mémoire des hommes
  • Les actes de naissance et ceux de décès

 

Dans certains cas, le JMO de l'unité du soldat pourra être fort utile pour déterminer le lieu où il a trouvé la mort car bien souvent, c'est un lieu-dit qui est indiqué, tant sur la fiche qui est accessible sur Mémoire des Hommes que sur la fiche matricule.

 

A venir

J'ajouterai donc prochainement une nouvelle page ici consacrée au monument de Bouvignies et plus largement aux soldats, et civils, de la commune morts pour la France durant la guerre 14.

 

 

  1. Note à l’attention des administateurs de MemorielGenWeb qui passeraient par ici : la procédure pour participer, ne serait-ce que pour apporter une simple correction est extrêmement laborieuse. En ce qui me concerne, je la trouve tout à fait dissuasive. Sans doute faut-il un minimum de garanties, sans doute faut-il éviter que quelques idiots viennent ruiner le travail que d’autres ont partagé, mais trop, c’est trop.

Publié dans 14-18, Lieux

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