Florent Blanchart, mort pour la France

Publié le par Paddygenéalo

Il y a 100 ans, le 6 octobre 1915, à Souain dans la Marne, tombait Florent Blanchart, sergent au 233è RI.

Florent Blanchart, mort pour la France

Il était le cousin germain de mon arrière-grand-mère, Berthe Blanchart et à ce titre l’un de mes parents les plus proches tués au front durant cette guerre (le plus proche étant Jules Alexandre Delval, cousin de mon autre grand-mère, tué le 16 février 1915 au Mesnil-les-Hurlus, dans la Marne également). Un autre cousin de mon arrière-grand-mère Berthe Blanchart, Jean-Baptiste, fut tué aux Eparges en mars 1915. A moins évidemment que ce plus proche parent ne soit Fernand Georges Blanchart, mon arrière-grand-oncle cette fois décédé en 1920 mais dont le nom figure sur le monument aux morts de Rosendael où il était, semble-t-il, domicilié.

Florent Blanchart, mort pour la France

Je m’y suis pris un peu tard pour rendre hommage à ce cousin qui m’est resté inconnu pendant plus d’un demi-siècle. Mais un centenaire, ça se commémore au jour dit, même si les informations manquent.

Florent Blanchart, je ne l’ai trouvé qu’en élargissant mon arbre par la recherche de descendants d’un ancêtre connu. Dans son cas, c’est l’indexation des Blanchart du Nord qui m’a mis sur sa piste, ensuite, ce n’était pas très compliqué. Oui, Blanchart avec un « T » et non un « D », malgré ce qui est écrit sur la citation. Ces Blanchart sont venus de Blaton, en Belgique. Florent, comme moi-même, était un descendant de François Eugène, né à Blaton en 1823, paveur, qui s’est installé à Bouvignies pour les beaux yeux d’Eugénie Blervaque, du moins il me plait de voir les choses ainsi. Il était même son petit-fils, ce qui en fait donc un cousin germain de mon arrière-grand-mère.

Il est né le 16 août 1884, à Auby. Son père était Jules Désiré, ouvrier, et sa mère Athénaïs Noë, ménagère. L’acte de naissance donne une précision : il est écrit « Auby(Asturies) » ce qui ne signifie pas qu’Auby se situe en Espagne mais bien que la famille habitait dans le quartier de l’usine des Asturies (ou de la « Compagnie royale asturienne des mines », si je me souviens bien). Je suis souvent passé dans ce coin et ce qui m’en reste, c’est l’odeur pestilentielle qui y régnait encore dans les années 60 et 70. Etait-ce  pire encore en cette fin de XIXè siècle ?

Cet acte de naissance nous apprend que Florent s’est marié en 1911 à Dourges. L'acte nous apprend qu'il résidait alors à Noyelles-Godault et y était ajusteur. Pas de chance, il avait franchi la frontière du Pas-de-Calais, ce qui signifie que les registres d’état-civil en question ne sont pas gérés par les Archives Départementales du Nord mais, évidemment, par celles du département voisin. C’est bien dommage car les données accessibles en ligne s’y arrêtent beaucoup plus tôt, sauf pour les communes jusqu'à Evin-Malmaison. Pas de chance donc avec Noyelles-Godault où Florent, ajusteur mécanicien, semble s’être fixé. Donc, si j'ai fini par trouver l’acte de mariage, aucune trace d’éventuels enfants du couple (pas de naissance Blanchart à Dourges ni à Noyelles mais les tables décennales s'arrêtent en 1912).

 

Florent Blanchart, mort pour la France

La fiche matricule, comme souvent, est une mine de renseignements. Outre sa présence à Noyelles-Godault en 1907, elle nous dit qu’au moment du recrutement Florent et ses parents résidaient à Vladicaucase en Russie ! En Ossétie du Nord plus précisément, c’est-à-dire effectivement dans le Caucase. Que faisaient-ils aussi loin de leur région natale (1) ? Comment et pourquoi sont-ils arrivés là-bas? Quand et comment en sont-ils revenus ? Je n’en sais rien. Cette mention, pourtant remarquable, m’avait échappé lorsque j’ai consulté la fiche pour la première fois, je ne l’ai notée qu’hier quand j’ai décidé de faire ce post. Néanmoins, il est certain que Jules-Désiré, son père, vivait à Noyelles-Godault, où il était épicier après avoir été fondeur, en 1908 car il est témoin au mariage d’une de ses nièces à Bouvignies ? Peut-être y reviendrai-je. Encore une énigme... où il faut démêler le vrai du faux (cette histoire russe est étonnante).

C’est aussi par la même fiche que l’on apprend que Florent mesurait 1,57m, ce qui à l’époque était juste un peu en dessous de la moyenne.

Florent Blanchart, mort pour la France

On y apprend aussi qu’il résidait le 28 septembre 1907 à Noyelles-Godault, rue de Malfidano.

Florent Blanchart, mort pour la France

Cette date est celle de sa libération de l’armée où il a effectué son service au 33è RI à compter du 9 octobre 1905. Il a été nommé caporal le 10 avril 1906.

Hélas, la partie consacrée à la guerre est plutôt succincte puisqu’elle ne fait que reprendre la citation mentionnée plus haut. On apprend juste qu’il a été inscrit au tableau spécial de la médaille militaire à titre posthume en 1920

En revanche, aucune mention d'un secours à sa veuve alors que c'est souvent nidiqué dans les fiches matricules des soldat morts pour la France. Je ne sais trop qu'en penser.

Florent Blanchart, mort pour la France

Au moins peut-on en savoir plus sur ses dernières heures en consultant le JMO du 233è RI à la date du 6 octobre 1915

Florent Blanchart, mort pour la France

On retrouve Florent, en qualité de sergent, au début de l’impressionnant état des pertes qui couvre plusieurs pages, tués d’abord, blessés ensuite.

Florent Blanchart, mort pour la France

La description de cette journée et de ses combats est précise, d’une écriture très lisible : je ne crois pas que sa transcription apporterait. Il vaut mieux lire directement l’original. Je note juste qu’à plusieurs reprises il  est question du réseau de fils de fer qui protège les lignes allemandes.

 

Voilà, j'en resterais là. C'est peu pour une vie, mais je ne voulais pas manquer ce centenaire.

(1) Il existait à Vladicaucase une industrie chimique et minière. Je n'ai pas pu déterminer si une société liée aux Asturies d'Auby y était implantée.

Publié dans 14-18, Généalogie

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