Le G10 ou mon G5 inverse ?

Publié le par Paddygenéalo

La lecture de blogs généalogiques glanées au gré des tweets et retweets des uns et des autres m’a donné envie d’aborder deux thèmes : « pourquoi un blog généalogique » et « G10 ». Commençons donc par le second.

Ce « G10 » est un concept qui circule en ce moment. Est-ce à cause de Geneanet et de son arbre en éventail qui couvre au maximum dix générations, racine comprise ? C’est bien possible car cette présentation visuelle, quoique finalement peu lisible dès que l’on dépasse un périmètre de quatre ou cinq générations, montre bien où sont les « trous ». Racine comprise disais-je : en effet, drôle d’idée de commencer à 1 et non zéro, mais soit, je m’aligne.

Le G10 ou mon G5 inverse ?

Toutes les zones blanches m’étaient connues, mais j’ai quand même repéré sur une version précédente quelques endroits où il y avait moyen d’avancer un peu dans le passé. Cela dit, cette quête effrénée de l’ancêtre le plus ancien ne m’intéresse pas beaucoup. De toute manière, les actes d’église ne permettent pas de remonter avant le XVIIè siècle, et encore… Car dans bien des villages, les registres ne sont pas arrivés jusqu’à nous. Avant, il faut déchiffrer les actes notariés : non seulement cela ne concerne guère que les notables mais de plus ces actes ne sont pas si facilement accessibles que les registres. Il faut les obtenir aux archives départementales, soit en s’y rendant, soit en espérant que quelqu’un d’autre l’a déjà fait et accepte de partager, ou alors en comptant sur les bonnes âmes qui rendent service et vont aux archives photographier des actes dans le seul but de les transmettre à de parfaits inconnu qui n’ont en commun avec eux que le virus généalogique (et parfois quelques ancêtres aussi) mais on ne peut pas abuser de ces bonnes volontés. Ah oui, on peut aussi les obtenir en acquérant les publications d’associations locales à l’ancienne, ce qui nécessite un budget conséquent.

Alors, ce G10 ?

Les secteurs blancs sont explicables : en bas à gauche, c’est le huitième de ma branche gersoise. Ce département est un des derniers à ne pas proposer d’archives d’état civil en ligne. J’ai exploité ce qui était accessible : l’acte de mariage de mon arrière-grand-père qui, ayant fait des études, s’est marié là où son travail m’avait conduit, dans le Nord, avec une parisienne dont la famille venait de l’Oise. Ensuite, les recensements mis en ligne par les archives départementales du Gers permettent de remonter un peu, mais pour ce qui est de la quête du G10, on attendra. Je pourrais y aller « à l’ancienne » mais franchement, tant qu’à aller à Auch, j’aimerais autant profiter de cette magnifique région autrement qu’en m’enfermant dans l’immeuble des AD du Gers..

Si on parcourt l’éventail, on tombe un peu plus loin sur un autre secteur blanc, bien plus étroit puisqu’il commence à la génération sept. Là aussi, je le connaissais mais sans espoir de remonter puisque le blocage vient de deux ancêtres de père inconnu nés en 1794 à Blaton en Belgique et en 1796 à Hélesmes (Nord).

Les autres manques sont en génération 9 ou surtout 10 et ne seront pas comblés, sauf réapparition surprise de registres laquelle est fort peu probable puisque l’on arrive là au début du XVIIè siècle, voire parfois même au-delà.

Et maintenant ?

D’aucuns penseront que si on ne peut pas remonter dans le temps, on en a fini avec la généalogie. C’était sans doute le cas pour les généalogistes à l’ancienne qui cherchaient désespérément la goutte de sang bleu qui justifierait leurs efforts. Mais aujourd’hui, du moins pour ceux qui ont la plupart de leurs ancêtres dans des régions où l’accès aux documents est aisé, remonter le temps et obtenir une liste de noms et de dates ne peut plus être une fin en soi. Pour tout dire, l’établissement de filiation « sûres » n’est peut-être même pas tellement considérer, si ce n’est pour ce qu’il permet d’explorer.

Car finalement, les liens qui existaient entre tous ces ancêtres, entre ces branches qui se côtoient sans se croiser ou au contraires celles qui n’en finissent plus de d’imbriquer entre elles, c’est bien le plus intéressant. C’est pour cela le travail ne finit jamais : pour mieux comprendre, il vaut explorer ceux que j’appelle les collatéraux, descendance des frères et sœurs de mes ancêtres directs. D’ailleurs, la frontière n’est pas nette puisque si l’on reste dans une même région, et en réalité dans un même groupe de villages, on a toute les chances de trouver des cousinages plus ou moins lointains avec n’importe qui.

Objectif G5

Alors, plutôt que de chercher à aller toujours plus loin dans le passé, je me suis attelé à l’élargissement de mon arbre. C’est un autre objectif que je me suis fixé, je l’ai appelé génération 5, renommé ici G5. Bien sûr, comme je pars de la génération 0 en racine, cela fait u décalage avec le G10 et ce serait donc un G6. Mais il est inverse.

En effet, mon G5 consiste à retrouver les descendants de mes ancêtres de génération 5, soit les arrière-grands-parents de mes propres grands-parents. Autrement dit, j’étudie la descendance de mes ancêtres nés au début du XIXè siècle, voire à la fin du précédent. Pour eux, l’état-civil est complet, ou presque. Evidemment, on tombe vite sur l’écueil des contemporains masi enfin, jusqu’aux naissances du début du XXè siècle . Disons que cela se passe surtout dans le département du Nord, ce qui simplifie la tâche. Cependant, même la génération de mes propres arrière-grands-parents n’est déjà pas aisée à identifier : c’est l’époque des grandes migrations où les fratries se dispersent géographiquement et même quand il reste des témoins ayant connu cette génération (dont les membres, nés de 1850 à 1890 ont bien sûr tous disparu) il n’est pas toujours simple trouver de retrouver les documents (la tante Jeanne on sait qui c’est mais quel était donc son nom de famille ?).

Et puis le G5, il me permet de faire le lien avec la « grande guerre ». Ce n’est qu’en élargissant que j’ai pu établir les parentés avec quelques un de ces poilus dont les noms figurent sur les monuments aux morts qui ont été l’objet de mes indexations.

Alors G5 ou G10 ?

Publié dans Généalogie

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cyri 03/10/2015 13:20

Petite précision sur les actes notariés, ils concernent tout nous ancêtres avec ou sans bien car un contrat de mariage est quasiment établi jusqu'à la révolution.

Paddygenéalo 04/10/2015 09:45

Alors là, ça mériterait débat... Je n'en suis pas du tout convaincu mais cela dépend peut-être des régions. Il est vrai que le contrat de mariage a été très présent jusqu'à une date récente même chez les gens modestes (années 50?) mais de là à dire qu'il fut systématique.