Les mystères de l'arbre

Publié le par Paddygenéalo

Toutes les familles ont leurs secrets, énigmes et autres légendes. On les rencontre forcément quand on entreprend une étude généalogique. Et à dire vrai, pour un mystère élucidé, on en trouve plusieurs sur lesquels enquêter.

Mon arbre n’échappe bien sûr pas à la règle.

Le Temps - 5 septembre 1924 (source Gallica)

Le Temps - 5 septembre 1924 (source Gallica)

Ce que je connaissais

 

D’abord, il y a l’oncle Jean. Mon grand-père disait « mon frère qui a disparu ». Je ne l’ai pas souvent entendu prononcer cette phrase, le sujet n’était jamais à l’ordre du jour.

Je n’ai pas percé ce mystère. Tout au plus ai-je trouvé (merci Gallica) des coupures de presse évoquant sa faillite. Frauduleuse ? Simple échec économique ? Je ne sais. Je peux cependant dater à peu près l’évènement, aux environs de 1924. Mon grand-père était né en 1901, il n’a pu ignorer ces circonstances. Peut-être savait-il pourquoi son frère avait disparu, mais comme il n’en a pas parlé, je peux me livrer à toutes les suppositions, et pourquoi pas extrapoler à partir d’une phrase qu’il a prononcée un soir de septembre 1981.

Je retiendrai donc que l’oncle Jean n’a pas disparu pour fuir la faillite mais pour suivre une danseuse qui accompagnait Joséphine Baker. Des preuves ? Aucune évidemment, mais prouvez moi donc que ce n’est pas vrai. Je m’arrête là, ou alors j’en fait un roman…

 

Et puis, il y a l’oncle d’Amérique, de ma grand-mère, maternelle donc sans lien avec l’oncle Jean, grand-oncle paternel. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a eu, au début du XXè siècle un héritage venant d’un "oncle d’Amérique".

Manifestement pas un gros héritage, ça se serait vu. On dit même qu’il n’a pas été distribué parce qu’il a été impossible de réunir tous les héritiers. Pas sûr… Car il correspond dans le temps au déménagement des Groulez de Marchiennes à Douai où ils deviennent épiciers si j’en crois l’acte de mariage de mes grands-parents. Je suis parti à sa recherche, cet oncle d’Amérique. J’ai épluché les bases d’Ellis Island en recherchant les noms qui auraient pu être le sien. Sans succès. Je n’ai peut-être pas cherché au bon endroit.

Je retiendrai donc que l’oncle d’Amérique à fait fortune à Buenos-Aires. Tiens oui, il faudrait aussi chercher par là.

 

Enfin, il y a cette croyance selon laquelle nous descendrions, par les Groulez, des espagnols.

Bien sûr, la région du Nord a été rattachée à la couronne espagnole à une époque mais je vois bien que le curé a souvent écrit « Groulé » sans ce fameux « z » final. Sans doute y a-t-il eu des espagnols, et d’ailleurs le nom « Lespagnol » est assez commun, probablement des soldats, qui ont tout aussi probablement eu une descendance localement, mais à ce jour je n’ai trouvé aucune mention prouvant, ou même suggérant, que les Groulez sont venus d’Espagne. Alors bien sûr, j’ai entendu dire qu’un cousin de ma grand-mère avait fait un arbre généalogique remontant aux espagnols mais non seulement je ne l’ai jamais vu mais en plus il peut tout à fait s’agir d’un de ces arbres de commande qui contenaient ce que l’on avait voulu y voir. Reste tout de même cette photo de ma grand-mère jeune, dans ma mémoire et pas ailleurs sans doute. Elle était très belle ma grand-mère, et on pouvait facilement lui trouver un air andalou.

Je retiendrai donc que les Groulez descendent bien des espagnols. D’ailleurs, une sœur de l’un de mes plus lointains ancêtres Groulez fut mariée à un certain Procope Lespagnol. Si c’est pas une preuve, ça…

Ce que j’ai trouvé au fur et à mesure, sur mes ancêtres :

 

Je vais citer en vrac, sans développer, car sinon…

Et puis, il y a les multiples énigmes concernant des cousins :

 

Là aussi, restons-en à une liste

  • Nicolas Groulez, soldat de la guerre d’indépendance des Etats-Unis
  • Le séjour dans le Caucase des Blanchart
  • La présence à Buenos Aires en 1908 de Léon François Groulez, mon arrière-grand-oncle
  • Fernand Blanchart dont le nom est sur le monument aux morts de Rosendaël
  • La cousine débarquée du Rochambeau en 1919, trouvée dans les bases d’Ellis Island
  • Le curé de Rumegies, tiens, aussi
  • Et d’autres qui ne me reviennent pas à l’esprit mais se rappelleront à mon bon souvenir un jour ou l’autre

Et ainsi va...

 

Sans doute ces listes ne sont-elles pas exhaustives, peut-être reviendrai-je ici développer l’un ou l’autre de ces sujets comme je l’ai déjà fait pour certains.

Si certains croient encore que la généalogie consiste à aligner des noms et des dates, ils se trompent. Peu m’importe de savoir que deux de mes ancêtres de 11è génération s’appelaient Jean Martin (c’est pourtant le cas), je suis déjà plus intéressé de savoir que l’un vivait dans l’actuel Nord et l’autre dans ce qui est aujourd’hui l’Oise. Sans doute parlaient-ils des langues assez proches pour qu’ils eussent pu se comprendre mais d’autres ancêtres qui furent leurs contemporains ne l’eussent pu.

La généalogie, c’est l’histoire vue par le petit bout de la lorgnette, au travers de gens qui nous sont proches parce qu’ils ont eu un fils ou une fille qui a eu à son tour un fils ou une fille, et ainsi de suite jusqu’à nous. De temps en temps, en 1914 par exemple, elle croise l’histoire, la grande qu’on apprend à l’école, ou qu’on évite à l’école, c’est selon. Occasion de se rappeler que la grande histoire du monde est faite de la petite histoire des hommes.

Oui, la généalogie on y vient un peu par hasard, un peu par curiosité, mais si on continue, c’est souvent pour le plaisir de ces enquêtes visant à percer des énigmes plus ou moins grandes, plus ou moins complexes.

Et puis aussi, quand on n’y arrive pas, pour rêver d’autres explications...

Publié dans Généalogie

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