ONAC

Publié le par Paddygenéalo

Hier, j’ai reçu une lettre de l’ONAC qui m’informe de la prochaine création de fiches Mémoire des Hommes pour une douzaine de soldats africains disparus dans le naufrage de Séquana.

Parmi ceux que j’avais identifiés comme manquants, l’un ne l’était pas. Je ne comprends toujours pas comment j’ai pu passer à côté : il était « Alborka » selon le jugement rendu à Bordeaux en 1919 mais sa fiche est au nom d’ « Albarka ». Comment s’appelait-il vraiment, nul ne le sait. Mais tout de même, j’ai cherché des noms voisins de ceux qui manquaient et je ne m’explique toujours pas comment je n’ai pas recherché ce « a » là où il y avait un « o » car des cas similaires, j’en ai vu, et pas qu’un seul. En tout état de cause, on ne sait pas grand-chose de ce soldat puisque l’article du jugement le concernant dit qu’il était de parents inconnus et né à Say, Dahomey. Ah oui, Dahomey…

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Or sa fiche Mémoire des Hommes le fait naître à Say, Haute Volta. Tout cela est fort intéressant mais il s’agit sans doute de Say, Niger. Il faut bien comprendre que ces trois « Say » sont un seul et même lieu que l’administration coloniale place tantôt dans une colonie, tantôt dans une autre et qui se retrouve lors des indépendances dans le territoire du Niger. Cependant, la confusion est encore augmentée à la lecture de sa fiche Mémoire des Hommes puisqu’on y apprend qu’il aurait été prénommé Dieng et aurait été recruté à Dakar. Or Dieng, naturellement, j’aurais plutôt pensé que ce nom désignait un sénégalais, c’est-à-dire une personne originaire de ce qui est aujourd’hui appelé Sénégal. Si j’écris ces quelques mots sur le soldat Dieng Albarka, du 90è Bataillon de Tirailleurs Sénégalais, disparu lors du torpillage du Séquana le 8 juin 1917, c’est pour lui rendre ce dernier hommage qu’il n’ a probablement pas eu, à moins qu’il ne soit l’un des inconnus des cimetières de Charentes, mais aussi pour illustrer la difficulté qu’il y a à identifier ces soldats, leur lieu de naissance, leur famille. Bien des fiches concernant des « sénégalais » sont incomplètes et il en manque probablement.

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Pour les autres, l’ONAC a ouvert des dossiers qui conduiront à les réintégrer là où ils devraient être, c’est-à-dire dans notre mémoire collective. C’est quand même la moindre des choses. En particulier pour ces jeunes hommes que l’on a arraché à leur terre pour les envoyer mourir loin de chez eux, dans un pays inconnu, et pour ceux du Séquana dans une mer dont ils ignoraient sans doute jusqu’à l’existence. Oh bien sûr, les paysans et ouvriers français que l’on a envoyés s’enterrer dans les tranchées ne savaient guère plus pourquoi on leur demandait de mourir mais au moins pouvaient-ils penser que c’était pour leur pays puisqu’on le leur disait, malgré Jaurès.

C’est donc l’ONAC qui a la charge de rendre justice à ces soldats oubliés. Il se dit qu’on ne peut les activer que par courrier postal, ce n’est pas exact et il est tout à fait possible de les contacter par email. Il faut juste prendre quelques précautions.

En juin dernier, je les avais contactés à propos de François Courtès, originaire de Castéra-Verduzan et qui figure sur son monument au morts mais dont je n’ai pu trouver la fiche sur Mémoire des Hommes. La mairie de Castéra m’avait mis en contact avec un spécialiste de l’histoire locale qui m’a envoyé la transcription de l’avis de décès de François Courtès. A mon tour, j’ai adressé le tout à l’ONAC par email. Las… au bout de plusieurs mois, aucune nouvelle. Je m’attendais à ce que ce soit long et donc ne m’étais pas inquiété. C’est en essayant d’envoyer à l’ONAC ma liste de disparus du Séquana manquants, avec la copie du jugement de Bordeaux, que je me suis dit que rien ne prouvait qu’ils eussent reçu ma première demande. J’ai donc essayé de reprendre cet envoi, mais avec un accusé de réception. Hélas, j’avais utilisé mon adresse Yahoo dédiée à mes activités généalogiques et ce service ne permet pas les accusés de réception. J’ai donc recommencé avec une autre adresse et c’est là que j’ai découvert que l’ONAC n’avait pas eu mon premier envoi. Mais ces dossiers ayant attendu un siècle, sommes-nous à quelques semaines près ? J’ai donc repris la procédure et ai vite reçu un mail m’indiquant que François Courtès aurait prochainement une fiche dans Mémoire des Hommes.

A cette occasion, j’appris que certains mails accompagnés de pièces jointes, surtout volumineuses, en provenance d’adresses inconnues étaient purement et simplement rejetés par les filtres de l’Administration, sans autre forme de procès (Yahoo est-il un critère de rejet ?). Et aussi que mes mails relatifs aux disparus du Séquana n’étaient pas arrivés. Un peu plus, et tout cela était perdu.

Donc, si vous souhaitez ouvrir un dossier auprès de l’ONAC sans utiliser la voie postale, c’est possible mais utilisez de préférence une adresse qui aura moins de risque d’être rejetée par les filtres anti-spam de l’Administration et demandez systématiquement un accusé de réception.

Devais-je donc reprendre à zéro, voire envoyer par la poste, ma demande concernant le Séquana. Non, car dans le même temps, le webmestre de Mémoire des Hommes, à qui je devais la communication du jugement de Bordeaux, l’avait lui aussi transmis à l’ONAC, mais avec succès. Ce que je ne sais pas, c’est s’il avait joint une liste de manquants. En tout état de cause, l’ONAC a ouvert ces dossiers et a pris la peine de m’adresser un courrier, postal, pour m’en informer.

 

Publié dans Le Séquana, 14-18

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