La quête de l’oncle Jean

Publié le par Paddygenéalo

Dans chaque famille, il y a des secrets et des mystères. Moi, j’ai l’oncle Jean.

Jean était le frère aîné de mon grand-père. Il a, selon la tradition familiale, disparu. Forcément, quand j’ai commencé mes recherches généalogiques, j’ai voulu percer ce mystère, sans savoir que je découvrirais bien d’autres histoires tout aussi intéressantes parmi mes ancêtres et leurs fratries.

Au départ, je ne savais rien de Jean, et pas grand-chose en fait non plus de ses parents, mes arrière-grands-parents donc. Assez bizarrement, leur acte de mariage est en ligne depuis très longtemps, bien avant la popularisation d’internet et je savais, des années avant de me lancer dans la généalogie qu’ils s’étaient mariés à Leers, dans le Nord alors que Joseph était du Gers et Louise de Paris. Ce n’est qu’en consultant un vieil annuaire des centraliens que j’ai compris comment suivre le couple : au gré des usines des « anciens établissements Cail ». En effet, Joseph était ingénieur, ses deux premiers fils le furent aussi mais le troisième, mon grand-père, n’a guère fait d’études : il n’avait pas 14 ans quand son père est décédé et, comble de malchance, la guerre a éclaté. Louis, le second des fils, fut ingénieur aux chantiers de la Loire. Il est décédé très peu après ma naissance. Peut-être lui et mon grand-père savaient-ils ce que leur frère était devenu, mais rien ne le prouve.

La quête de l’oncle Jean

Je n’avais pas grand-chose pour retrouver quelques éléments sur Louis et sur Jean. Pour Louis, c’est un dossier dans la base Leonore qui m’a bien aidé. En effet, il fut fait chevalier de la Légion d’Honneur. En principe à titre militaire, pour ses états de service de la première guerre d’où il sortit capitaine de réserve. Mais il fut décoré en 1950…. Plus certainement parce que son patron aux chantiers de la Loire était lui-même chevalier. Comme quoi, cela n’a guère changé, ce qui n’enlève rien aux mérites de mon grand-oncle ni à ceux de la base Leonore qui m’a fourni, entre autres son extrait d’acte de naissance.

C’est un peu comme ça que j’ai commencé à m’intéresser aux archives de la première guerre et que j’ai trouvé le dossier « personnel de l’aéronautique » de Jean qui cite son père « Jh » (pour Joseph) dit décédé et sa mère Louise Bouchy. C’est ainsi que j’ai découvert sa date de naissance à Paris. Il ne restait qu’à explorer un peu pour découvrir que c’était le 15è arrondissement. On peut toujours espérer apprendre d’un acte de naissance : le mariage de l’intéressé est indiqué (du moins pour cette époque et sauf exception) et son décès aussi si il est survenu après 1945. Ici, on apprend que Jean a épousé Gemaine Marie Louise Rocher le 25 octobre 1913 à Rouen. Rien sur son décès. Est-il survenu avant 1945 ? Est-il survenu ailleurs, en un lieu d’où aucune information n’a été envoyée au lieu de naissance ? A ce jour, je n’en sais rien.

La quête de l’oncle Jean

J’avais essayé de creuser la piste de l’épouse, la cherchant vainement à Rouen. Et puis, j’avais laissé tomber, me disant qu’un jour ou l’autre je trouverais un élément nouveau.

En fait, si j’ai remonté une partie de la trace de Germaine Rocher c’est à partir d’éléments dont je disposais et que je n’avais pas exploités. Peut-être manquais-je d’expérience. Un détail curieux est indiqué sur la fiche de l’aéronautique : la personne à prévenir est un oncle nommé Charles Bossez, rue Jean-Jacques Rousseau Paris 1er. Je n’ai pas trouvé ce Charles parmi les époux de ses tantes Bouchy (c’est un de ces oncles là, Alfred Gibrat, qui est témoin à la naissance de Jean). Charles Bossez ne pouvait qu’être l’époux d’une tante de Germaine ! Seulement trouver un couple Bossez-Rocher, c’est l’aiguille dans la meule de foin. Mais non, grâce à Geneanet ce fut assez simple. Charles Bossez, libraire à Paris a épousé à Mortcerf (Seine et Marne) Mathilde Rocher, laquelle avait bien un frère Ernest Rocher. Je pouvais donc émettre l’hypothèse que cet Ernest Rocher était le beau-père de l’oncle Jean. A ce stade, je n’avais aucune idée du nom de la belle-mère.

Hélas, pas de trace du mariage d’Ernest dans le tables décennales de Mortcerf : il a dû avoir lieu ailleurs. En revanche, on trouve dans ces tables la naissance d’une fille d’Ernest et de Mathilde Grillon le 7 mars 1897. S’agit-il du bon couple ? Peut-être car Germaine peut être née ailleurs.

Il me restait une dernière chance : les recensements. Par chance, les archives de Seine et Marne en proposent plusieurs dont celui de 1896 où le dit couple Rocher-Grillon est recensé avec sa fille âgée de 4 ans et prénommée Germaine ! Bingo ! Mieux, on indique en « observation » la ville de Pantin, ce qui laisse penser qu’elle y est née (au passage on voit que Mathilde Grillon viendrait de Nantes, nous voilà bien au XIXè siècle, début des grandes migrations).

La quête de l’oncle Jean

Je n’irai pas plus loin pour l’instant : il n’y a pas d’archives d’état-civil en ligne pour le département de la Seine Saint Denis et si certaines communes le proposent, ce n’est pas le cas de Pantin. J’en suis réduis à noter que Germaine Rocher est très probablement née à Pantin vers 1892.

Il me faudra aller à Bobigny pour savoir si son acte de naissance apporte d’autres informations.

Et puis, il me faudra aussi exploiter une autre information figurant sur la fiche aéronautique : Jean y est dit père d’une fille, née avant 1918 donc. L’occasion d’un autre post ici ?

 

PS: il n'est pas sûr que je veuille vraiment savoir. L'ignorance permet de laisser l'imagination divaguer à partir de quelques mots entendus ici ou là.

Publié dans Généalogie

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Malou 15/03/2016 10:50

Très bon article ! Bonne chance dans vos recherches! J'avoue que les manques d'informations sont des blocages pour les recherches, mais elles nous mènent également vers histoires à découvrir.