La quête de l’oncle Jean (2)

Publié le par Paddygenéalo

J’avais, il y a quelques semaines, publié ici un post intitulé « la quête de l’oncle Jean ». Voici la suite.

L’article précédent est arrivé à la connaissance d’une personne qui a pris contact avec moi. Il s’agit d’une parente de Germaine Rocher, épouse Castéra. Il s’avère que la disparition de Jean est un évènement qui a marqué sa famille puisqu’il y a aussi été relaté et évoqué. Selon certains membres de cette famille, Jean aurait été mêlé à l’affaire Mata-Hari, rien que ça. A ce jour, mes recherches sur le sujet n’ont rien donné. Ma correspondante me rapporte aussi des propos de son propre père, qui disait que Jean a été assassiné. Là encore, je n’ai rien trouvé.

Elle a eu la gentillesse de me transmettre les copies de lettres écrites à la fin des années 1950 par Germaine à ses cousins, la famille de mon informatrice donc. Elles sont extrêmement émouvantes mais trop récentes pour que je les montre ici.

Elles apprennent que Germaine se désigne comme Mme Veuve Castéra en 1958. Le disparu serait donc décédé, sans que l’on sache si son décès a été constaté ou enregistré a posteriori en raison d’une disparition. Elle dit dans ces lettres ne pas savoir ce qu’est devenue sa fille. Elle parle du « décès de papa », du mobilier de Rouen. D’autres éléments me font penser qu’il s’agit bien de son père et qu’effectivement elle a vécu à Rouen, peut-être même après la disparition de Jean. Ce qui apparaît, c’est qu’elle avait perdu le contact avec ses proches et qu’elle vivait à l’hospice d’Ivry-sur-Seine, subsistant de petits travaux, enfilage d’étiquettes. En 1958, elle avait 67 ans.

Récemment, la même correspondante m’a transmis d’autres documents qu’elle-même a obtenus par l’intermédiaire d’une relation passionnée de généalogie qui a été sur place à Rouen consulter les archives. Il s’agit de l’acte de mariage de Jean et Germaine en 1913 et de l’acte de naissance de leur fille en 1915. Ce second acte nous apprend qu’elle s’est mariée, toujours à Rouen, en 1936 et est décédée à Mont-Saint-Aignan en 2003. Elle semble donc avoir passé sa vie dans la région, et du coup les raisons pour lesquelles la mère et la fille se sont perdues de vue sont obscures.

Certains se demanderont pourquoi je ne cite pas le nom de cette fille. Je me suis posé la question en effet. Elle est décédée et ne risque donc pas d’être importunée. Seulement, je ne sais rien d’elle et en particulier si elle a eu une descendance. Ses potentiels enfants seraient mes cousins issus de germains, et seraient en toute logique sensiblement plus âgés que moi.

Le 40 avenue Félix Faure aujourd'hui

Le 40 avenue Félix Faure aujourd'hui

Si j’ai pensé publier ce post, c’est que les informations trouvées dans l’acte de mariage de Jean et Germaine éclairent certains éléments de mon précédent article. En effet, l’acte précise, comme il est d’usage, les dates et lieux de naissance des contractants. Je connaissais ceux de Jean mais pour Germaine, je ne pouvais que supposer une naissance à Pantin vers 1892 à partir de ce que j’avais vu dans le recensement de Mortcerf. En effet, elle est bien née à Pantin le 25/10/1891. Autrement dit fort près de Jean à la fois dans le temps et la distance puisqu’il est lui né à Paris XVè le 23/06/1891. On y découvre encore qu’ils appartenaient à la même classe sociale : Joseph, père de Jean, est ingénieur quand celui de Germaine est directeur de glacières, c’est à dire d’une usine. Quant à Jean, il est dit brasseur de bière ! Sa fiche des personnels de l’aéronautique le fait ingénieur mais on sait que l’une des activités de sa société « Frixon et Castéra », qui fit faillite à Douai en 1924, était l’installation de brasseries. Un autre élément intéressant est que Jean soit domicilié, au moins en théorie, au 40 avenue Félix Faure, là même où décèdera en 1916 son père. L’immeuble a été construit juste avant (la date de 1907 est inscrite sur la façade avec les noms des architectes et du constructeur). La famille n’était manifestement pas dans le besoin et rien ne prédestinait donc mon grand-père à devenir garçon de courses au Bon Marché quelques années plus tard.

J’ai donc confirmations de ce que j’avais pu déduire d’autres documents, c’est déjà ça. Le mystère de la disparition de Jean reste pourtant entier, même si de nouvelles pistes se sont ouvertes.

L’enquête va se poursuivre.

Les inscriptions sur la façade du 40 Avenue Félix FaureLes inscriptions sur la façade du 40 Avenue Félix Faure

Les inscriptions sur la façade du 40 Avenue Félix Faure

Scène de fable sur la façade du 40 avenue Félix Faure

Scène de fable sur la façade du 40 avenue Félix Faure

Publié dans Généalogie

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