Née le 9 avril 1724, Anne Joseph Drapier

Publié le par Paddygenéalo

Continuons sur l'idée de saisir l'occasion des anniversaires proposés par Geneanet pour revenir sur un ou une ancêtre, plus ou moins ancienn. Aujourd'hui, 9 avril, c'est Anne Joseph Drapier, née en 1724, qui m'est proposée.

Ma sosa 439 est née ce jour là à Flines-lez-Mortagne. Car il se trouve que, oui, j’ai bien des ancêtres dans les deux Flines du Nord, même si je suis plus familier avec l’autre, Flines-lez-Râches. Je ne connais pas de lien entre les deux Flines, peut-être n’y en a-t-il pas d’autre que le fait que j’y compte, et donc sans doute bien d’autres avec moi, des ancêtres. Il existe en revanche un lien certain entre deux communes voisines de chacun des Flines : Coutiches et Château-l’Abbaye car la famille Willay de Coutiches, des notables, a vu une de ses branches s’établir à Château. Mon arbre passe par ces deux communes et leurs Willay, mais c’est une autre histoire.

Acte de baptême d'Anne Joseph Drapier

Acte de baptême d'Anne Joseph Drapier

Revenons à notre presque tricentenaire. Le premier élément concernant cette lointaine ancêtre est, sans surprise, son acte de baptême qui dit de qui elle est la fille et qui furent ses parrain et marraine. Et on pourrait en rester là ne serait une petite note, juste au dessus de l’acte qui précise « battelier » (ainsi orthographié). Autrement dit, ses parents étaient bateliers, probablement de passage à Flines. Peut-être est-il nécessaire de préciser que Flines se trouve sur l’Escaut, à proximité du confluent de la Scarpe avec ce fleuve, lequel confluent est à Mortagne. Aujourd’hui, la limite de Flines est aussi la frontière entre la France et la Belgique. A l’époque, rien de tout cela même si le découpage administratif, celui des diocèses, était déjà assez compliqué puisque Flines dépendait du diocèse de Cambrai alors que se voisine Mortagne était rattachée à celui d’Arras et que de l’autre côté de la Scarpe, à Maulde ou Nivelle, on était dans celui de Tournai.

Le découpage administratif compliqué est une vieille tradition

Le découpage administratif compliqué est une vieille tradition

Ensuite, il faut attendre l’acte de mariage d’Anne Joseph Drapier, le 27 février 1753 à Château-l’Abbaye qui est malheureusement à peu près illisible, on n’en tirera donc rien de cartain sur le métier des mariés ou de leurs parents, ni des témoins. Tout juste peut-on deviner le mot batelier et la mention "natif de Condé" près du nom du marié. Cependant, elle épouse Alexandre Joseph Fernez et ce nom est fréquent chez les bateliers des XVIII, XIX et XXè siècle. Tout laisse donc penser qu’il s’agit d’une famille déjà installée dans le métier. D’ailleurs, sa fille Alexandrine Joseph, ma sosa 219, épousera Noël Joseph Watteau à Condé-sur-Escaut le 16 avril 1779. Et là, aucun doute, l’acte est très lisible, le marié est dit « garçon batelier ». Entre temps, le 26 novembre 1763, Anne Joseph aura épousé en seconde noces, à l’âge de quarante ans, Jacques Louis Delmez âgé lui de vingt-neuf ans. Et là, pas plus de doute qu'au mariage de  sa fille, nous n’avons que des bateliers, d’ailleurs tous les témoins sont bateliers, de Condé ou de Mons (l'un d'eux est un certain Jean Drapier, cousin germain d'Anne Joseph, ce qui pourrait permettre, peut-être, d'identifier ses leurs grands-parents commun).Cet évènement nous apprend qu’Alexandre Fernez est décédé avant cette date, mais je n’ai pas trouvé trace d’un acte de sépulture à son nom. De plus, cet acte étali lors du second mariage précise la filiation d’Anne Joseph, fille de Jean et d’Agnesse Posière (du moins c’est ainsi que cela semble écrit), natifs de Tournaÿ. Et ainsi on peut retrouver leur mariage au dit Tournai, selon l’orthographe moderne le 27 novembre 1700 (hélas, si le mariage figire bien dans l'index conservé aux archives du royaume à Tournai, les actes de 1700 n'y sont pas). Comme ils ne sont pas qualifiés de « feu », ni l’un ni l’autre, on peut penser qu’ils étaient vivants en 1763 quoique cela leur donne un âge fort avancé peu courant à l'époque, surtout s'agissant des deux membres d'un couple. On verra plus loin ce qu'il en est.

Le second mariage, et tous ses bateliers

Le second mariage, et tous ses bateliers

Le nom des parents d’Anne Joseph serait plutôt Jean et Marie Renelde si on en croit son acte de baptême. D’ailleurs, on trouve la publication des bans dans un registre de Condé. Il y est indiqué que la fiancée est de la paroisse de Saint Piat à Tournai et on peut logiquement aussi déduire que le fiancé était lui de Condé, et donc probablement batelier de Condé.

 

Bans publiés à Condé-sur-Escaut

Bans publiés à Condé-sur-Escaut

Il est possible de préciser cela: en effet, née en 1724 de parents mariés en 1700, Anne Joseph avait probablement des frères et soeurs plus âgés. Je n'avais rien dans mon arbre à leur sujet mais cette partie date de mes débuts, quand je cherchais à remonter le plus loin et le plus vite possible. Cette fois, j'ai cherché à établir la fratrie. J'avoue, je me suis aidé des autres arbres en ligne sur Geneanet qui effectivement, pour certains d'entre eux, citent la fratrie.

J'ai donc trouvé Marie Rose qui se marie en 1733 à Condé. Cette fois, l'acte est très lisible et livre une information a priori contradictoire avec celles que l'on pourrait déduire du second mariage d'Anne Joseph: la mère de Marie Rose, et donc d'Anne Joseph est dite "feue", elle est donc décédée avant 1733, ce qui explique aussi l'imprécision sur son prénom par la suite. Mais en 1733, tout le monde est batelier. Il s'agit bien ici de familles installées dans le métier. L'époux est Pierre Joseph Fernez mais difficile d'établir une parenté avec Alexandre Joseph Fernez, qui sera l'époux d'Anne Joseph, tant les Fernez sont nombreux dans la batellerie dès cette époque.

Une troisième soeur, Jeanne Françoise, âgée de 24 ans, se marie à Lille, paroisse St Maurice, le 23 août 1737 avec Jacques Ignace Guénin, lui aussi batelier. Elle est dite fille de Jean et de feue Marie Renelde Poziere (que de variantes...). On peut donc en déduire que leur mère était effectivement décédée et leur père vivant, mais nul besoin de déduction puisqu'il est présent au mariage. Un autre témoin cité est le frère de la mariée, Jean Joseph. Le père comme le fils sont dits de Condé.

Le mariage de Jean Joseph, en 1752 à Fresnes-sur-Escaut apporte à son tour quelques informations. Leur père, Jean Drapier, est dit "feu" et est donc décédé entre 1737 et 1752. Un autre élément qui pourrait permettre de préciser la filiation des parent apparaît encore: l'un des témoins est Pierre Joseph Drapier, "cousin au mariant".

C'est là que je vais, à ce jour, arrêter l'enquête. Il reste des informations à exploiter et probablement, un jour ou l'autre, le seront-elles. Mais déjà, cet anniversaire m'a donné l'occasion de compléter un peu cette branche, qui me semble bien être la plus ancienne engagée dans le métier batelier parmi mes ancêtres.

Publié dans Généalogie

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