«I » comme Ignorance

Publié le par Paddygenéalo

La lettre « I » n’est pas des plus simples à traiter, mais si tout était évident à qui bon appeler cela Challenge ? Comme tout un chacun, j’ai cherché les noms commençant par « I » dans mon arbre généalogique. Rien. Alors les prénoms, rien non plus. Les lieux ? Pas plus concluant. Mais si je calle sur la lettre « I », comment vais-je m’en sortir avec les lettres vraiment rares ? Que faire des deux suivantes, le « J » et le « K » ? Bon, pour « J », j’ai quelques noms…Et pour le "K", je suis prêt à tricher en actualisant un sujet ancien.

J’ai bien un Ignace, 5 Isabeau et 8 Isabelle parmi mes ancêtres, mais aucun de ceux-là ne m’inspire beaucoup vu que je ne sais pas grand-chose d’eux : ils appartiennent presque tous aux générations 10 et au-delà, autant dire qu’à part dans le meilleur des cas trois dates et trois lieux (le plus souvent confondus), je ne sais rien d’eux. Il y a même une Isabelle dont je ne connais que le prénom figurant dans un acte… Et encore, je compte là les branches non publiées car très sujettes à caution que je garde juste par acquit de conscience…

Quant aux noms de lieu, c’est le désert. Il y aurait bien Ile-Saint-Denis, repaire de mariniers où j’ai localisé quelques cousins, où sont sans aucun doute passés certains ancêtres au hasard des parcours de leur bateau, mais ai-je de quoi écrire quelques paragraphes? Il ne me semble pas, d’autant que s’il s’agit de la difficulté à retrouver des documents concernant les bateliers, j’ai déjà abordé le sujet à la lettre « B »... Bien sûr, ce n’était pas très détaillé et on pourrait rouvrir le dossier. J’aurais deux raisons de choisir « I » comme Ivry-sur-Seine. Il y a la veuve de l’oncle Jean, un des mystères de ma généalogie, bien qu’il soit récent puisqu’il s’agit d’un grand-oncle. J’ai reçu quelques documents d’une parente de cette veuve(1) mais je n’en sais pas encore assez pour alimenter un article, sinon qu’elle vivait dans une pauvreté bien triste et semble avoir fini ses jours à l’hospice d’Ivry. Et c’est peut-être au même endroit qu’a fini ses jours, une cousine(2) de cet oncle Jean, et de mon grand-père donc. Elle avait épousé, sur le tard, le rejeton d’une vieille famille noble sensiblement plus âgé qu’elle. J’ai l’acte de mariage qui atteste de cela mais quand on cherche l’arbre généalogique de cette famille, on trouve bien la naissance de celui qui doit être considéré comme un renégat ayant commis une mésalliance, mais aucune trace de son union sur les arbres de cette famille que j’ai pu trouver. Et pour être un peu plus honnête, j'ignore à peu près tout de cette union et de ce qui gravite autour.

Ainsi, rien parmi les noms, prénoms et même lieux à la lettre « I », rien de consistant du moins. J’en étais là quand le mot « Ignorance » s’est imposé.

Ignorer, c'est bien le mot: tout cela existait, était disponible mais je ne m'y étais pas intéressé. J'ai donc longtemps ignoré mes ancêtres et tout ce qui se rattache à eux. C'était là, à portée de la main pour bien des documents, même si c'est plus facile aujourd'hui. Ignorer, c'est de na pasvoir mais aussi ne pas vouloir savoir parfois. D'ailleurs, quand on trouve certains de nos ancêtres ou de nos cousins, on se dit parfois qu'il vaudrait mieux les ignorer...

Mais la recherche généalogique ne veut pas ignorer, elle veut tout clarifier, y compris ce qui ne peut l'être faute de documents qui soient parvenus jusqu'à nous. Avec un peu de persévérance, avec beaucoup de chance aussi, on peut remonter une bonne dizaine de générations, voire une quizaine. Après, sauf cas particulier, ce n'est même pas la peine d'y penser. Ou alors il faut se raccrocher à des mythes, et pourquoi pas s'en inventer aussi.

L'ignorance peut bien aussi avoir du bon.

  1. Des informations obtenues récemment m’ont appris que cette grand-tante avait eu une fille dont ses cousins et cousines (mon père, mes oncle et tantes) semblent ne jamais avoir entendu parler. Elle a peut-être elle-même des descendants. Il est donc bien trop tôt pour faire état de tout cela. Et puis, il faut bien se fixer une limite entre le passé, dont on parle librement, et le temps contemporain avec lequel il faut toujours être prudent, et éviter de blesser qui que ce soit.
  2.  A ce stade, il m’est difficile d’aller au-delà d’hypothèses. Le mariage a eu lieu en 1911, elle était née en 1874 et l’époux en 1857. Elle, c’est une cousine de mon grand-père mais il n’est pas du tout sûr qu’ils se soient connus même si son père a été témoin à la naissance de l’oncle Jean cité plus haut. Peut-être finalement y a-t-il un lien entre ces deux femmes qui ont fini leurs jours à Ivry. Ce n’est qu’une hypothèse, mais chacun sait qu’en généalogie, c’est à partir d’hypothèses que l’on avance.

Publié dans ChallengeAZ

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