"M" comme Marchiennes

Publié le par Paddygenéalo

Je m’étais dit qu’au milieu de cet abécédaire j’en viendrais aux lieux, là où ont vécu ces ancêtres que je découvre petit à petit. Le « L » était de cette veine : je n’en dis rien et le réserve pour plus tard…

Pour le « M », forcément, c’est Marchiennes, ville généalogique par excellence puisque chacun sait « qu’à Marchiennes on est tous cousins »(1). Non, non, ce n’est pas moi qui le dis, c’est bien connu de tous les vieux marchiennois. Si certains commettent la faute de goût de ne pas savoir où se trouve cet ancien chef-lieu de canton du Nord, déclassé lors de la réorganisation récente, je les renvoie à l’article wikipedia qui lui est consacré. C’est qu’ici il est question de généalogie, pas de géographie. Encore que l’on pourra, avec raison, objecter qu’il vaut mieux avoir quelques notions de la seconde pour s’en sortir avec la première.

Cartulaire de 1603 du Duc Charles de Croÿ représentant Marchiennes (By Ottaviani (Own work) [Public domain], via Wikimedia Commons)

Cartulaire de 1603 du Duc Charles de Croÿ représentant Marchiennes (By Ottaviani (Own work) [Public domain], via Wikimedia Commons)

A ce jour, j’ai identifié 45 ancêtres directs nés à Marchiennes, à commencer par ma propre grand-mère. Je n’ai guère d’espoir d’en trouver d’autres car il faudrait pour cela remonter encore dans le temps, c’est-à-dire explorer des époques qui nous ont laissé fort peu de traces écrites, du moins pour les gens ordinaires. Si j’élargis aux collatéraux, puis à leurs descendants, c’est évidemment u nombre bien plus importants de membres de mon arbre que je trouverai. Combien ? Je ne sais, et de toute façon, ça n’arrête pas de bouger(2).

Si un arbre généalogique a des racines, nul doute que l’une des miennes est profondément enfoncée dans la terre de Marchiennes. Les plus anciens sont déjà à Marchiennes au milieu du XVIIè siècle: au tout début de mes recherches, j’avais été intrigué par un certain Melchior Groulez qui a exercé la profession de brasseur, au point que j’ai commencé à essayer d’établir sa descendance, notamment en recoupant les informations de nombreux arbres établis par d’autres membres de sa lignée. Ce n’est qu’à la fin du XIXè siècle que les miens ont commencé à quitter Marchiennes(3), peut-être à cause de la disparition prématurée d’Achille Groulez, le premier et de Philomène Lesoin.

Ma grand-mère, qui était née en 1902, fut donc la dernière des Groulez, du moins des miens, à venir au monde à Marchiennes après au moins deux siècles et demi de présence continue dans cette cité. Le plus ancien de mes ancêtres qui y soit sans aucun doute né est Jean Charles Groulez (1665-1707). Je ne sais pas où sont nés ses parents, Jean et Philipine Durez (du moins c’est ainsi que je l’ai transcrit), je n’ai aucun acte qui en témoigne. Et finalement je ne sais à peu près rien de ces générations, ce qui est le lot commun du généalogiste amateur. A vrai dire, en commençant à remonter le temps, je pensais vraiment trouver ces fameux espagnols dont on disait que nous descendions. Il paraît même qu’un cousin de ma grand-mère avait fait un arbre généalogique remontant jusqu’à eux… Aux ancêtres ou bien au temps de l’administration espagnole de la Flandre et du Hainaut français? Je suis de plus en plus enclin à opter pour la seconde hypothèse.

Trois siècles à Marchiennes, ça vaut la peine de s’intéresser un peu. Marchiennes était une petite ville, assez importante pour devenir chef-lieu de canton à la Révolution. Elle avait prospéré près d’une abbaye, sur une économie rurale. La révolution industrielle l’a oubliée : il n’y a pas de charbon dessous et la ville n’était pas assez importante pour échapper à l’attraction de celles qui, plus grandes déjà, étaient devenues chef-lieux d’arrondissement : Douai, Valenciennes et même Lille.

Mes ancêtres de cette branche, urbains depuis des générations, n’ont pas participé à l’exode rural: je n’y ai pas trouvé de paysans, que des artisans(4). Je note même quelques mouvements des villages voisins vers Marchiennes, qui reste au début du XIXè siècle, la ville où se déversent les campagnes voisines alors même que déjà certains, en particulier les rares lettrés, partent. En somme, c’est à peu près avec un siècle d’écart ce qui est arrivé ensuite aux villes plus importantes mais qui ne sont pas devenues capitales régionales. Force est de constater que Marchiennes aujourd’hui est plus une banlieue de Lille, voire de Paris, qu’un centre urbain autonome.

Sa malchance autrefois fut de passer largement à côté de la révolution industrielle : à quelques exceptions près comme la tréfilerie où travailla un temps mon arrière-grand-père, ou la verrerie ci-dessous(5) il n’y a jamais vraiment eu beaucoup d’industrie. C’est peut-être une chance aujourd’hui au milieu d’une région très urbanisée où pullulent les friches industrielles.

Marchienne et la verrerie (source By inconnu époque 1900 (Centre de mémoire de la verrerie d'en Haut) [Public domain], via Wikimedia Commons)

Marchienne et la verrerie (source By inconnu époque 1900 (Centre de mémoire de la verrerie d'en Haut) [Public domain], via Wikimedia Commons)

  1. Voilà que je me répète, je l’ai déjà écrit ici…
  2. Même si la réserve n’est pas inépuisable, il me reste beaucoup de branches où je n’ai relevé que les ancêtres, négligeant leurs frères et sœurs, ce qui se révèle souvent assez regrettable tant il est vrai que les croisements entre les branches ne sont pas rares.
  3. Je l’ai déjà évoqué ici à propos d’Achille Groulez, mon arrière-grand-père, et ses frères et sœurs dont il est fort possible, voire probable, que j’ai un jour ou l’autre croisé sans le savoir les descendants dans le métro parisien.
  4. Et toutes sortes de métiers : brasseur certes pour Melchior, mais aussi boulanger ou encore cordonnier, sans oublier tous ceux dont le métier n’est pas arrivé jusqu’à nous.
  5. Peut-être les Wuillliez qui émigrèrent aux Etats-Unis , évoqués hier, y sont-ils passés

Publié dans ChallengeAZ

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