"T" comme Tournai

Publié le par Paddygenéalo

Tournai est surtout connue des lecteurs de Tintin qui ont longtemps vu, à la fin des albums, dans la liste des éditions internationales «Français Casterman, Paris-Tournai»(1). Cela dit, je ne serais pas tellement surpris si on me disait que des parisiens situent Tournai comme ville de banlieue parisienne(2)

Donc mon « T » sera « Tournai ». Il y a bien longtemps que je ne suis allé à Tournai. Y fait-on encore des glaces et des pistolets(3) ? J’ai découvert tardivement qu’on y faisait aussi des ancêtres, car ici c’est bien de cela dont il est question.

Si j’en crois certains, on pourrait remonter Jehan au toupet qui aurait vécu au XIVè siècle et aussi, dans la même lignée à des échevins de Tournai. Je n’irai pas si loin et m’arrêterai en 1678, ce qui n’est déjà pas si mal.

"T" comme Tournai

Oui, c’est bien un extrait de table qui est ci-dessus. Et non, il n’y aura pas d’acte dans ce post. On trouve en effet aux Archives de l’Etat de Belgique, de fort intéressantes tables qui ont été établies au XIXè siècle et dont l’équivalent n’existe pas du côté français.

Avec ces tables, repérer un possible ancêtre et identifier en même temps sa fratrie est simple, mais pas forcément immédiat dès que l’on s’intéresse à un nom porté par plusieurs familles. Et puis à Tournai, on peut trouver un mariage dans une paroisse et le reste des évènements dans une autre. C’est le cas le mariage de Marie Anne Ablay et Pierre Hache : les Ablay sont de la paroisse Saint Brice alors que les Hache sont de celle de Saint Jean Baptiste. Et l’affaire se corse encore si on essaie de retrouver en ligne les actes eux-mêmes : les plus anciens, pourtant référencés dans les tables, ne sont pas numérisés et en ligne. En tête des tables, on trouve sans doute une explication.

"T" comme Tournai

Les enfants du couple dont le mariage est cité ci-dessus ont été baptisés à la paroisse Saint Jean-Baptiste. Plusieurs d’entre eux vont migrer de Tournai à Mortagne, situé en amont sur l’Escaut, comme ma sosa 1843 Marie Marguerite Hachez qui épousera en 1714 un certain Jean François Dupont, manouvrier de son vivant et mon sosa 1842 depuis. Leurs descendants resteront à Flines, à Mortagne, à Maulde pendant plusieurs générations. Un nid de bateliers. Mais ils ne sont pas rattachés à ce que j’appelle ma branche batelière, même si celle qui les relie aux Groulez de Marchiennes semble bien avoir vécu sur un  bateau jusqu’à son mariage avec Achille Groulez, boulanger à Marchiennes. Nous voilà bien loin de Tournai.

Sans doute mais il fallait passer par Tournai pour y arriver. Et puis, comment manquer l’occasion de rappeler que le plat pays ne s’arrête pas à l’arbitraire frontière entre France et Belgique, frontière que l’Escaut, bien sûr, ignore.

  1. Idem pour les éditions en Picard et en Wallon, langues par ailleurs cousines
  2. De fait, de nos jours, il est sans doute plus facile d’aller de Tournai à Paris que de Tournai à Matagne dans les Fagnes où l’on parle français comme à Pondichéry dans les Indes (© Julos)
  3. Faut-il préciser que le pistolet dont il est question est un petit pain ?

Publié dans ChallengeAZ

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Damien 23/06/2016 21:36

J'ai fait un article sur le même sujet aujourd'hui ! Et je continuerai encore demain car il y a matière à dire beaucoup de choses encore sur cette ville.
http://gewapi.blogspot.be/2016/06/tournai-une-ville-un-fleuve-des.html

Paddygenéalo 23/06/2016 22:38

Ah c'est vrai, j'avais vu ça sur la feuille de suivi. Je n'avais pas lu et je viens d'y aller: bigrement intéressant! Pour moi, Tournai ne concerne que quelques ancêtres mais c'était l'occasion aussi de souligner la qualité des tables qui permettent assez facilement de reconstituer une fratrie (enfin presque...). Au moins je sais quel post je vais surveiller demain!