L comme Lesoin

Publié le par Paddygenéalo

A la lettre « L », j’évoquerai donc Victor Lesoin, de Marchiennes évidemment. C’est par mon arrière-arrière-grand-mère Philomène Lesoin que je suis lié à lui.  Nous voilà donc à Marchiennes, ce qui nous privera de son acte de décès puisque cette catégorie d’actes, pour ce qui est de ceux disponibles en ligne, s’y arrête en 1918. Dommage on aurait peut-être pu préciser un peu son histoire.

Sans surprise, je n’avais pas grand-chose sur ce cousin plutôt proche aux normes généalogique mais assez éloigné pour être parfaitement inconnu. Alors, j’ai saisi l’occasion pour ajouter cette fratrie dans mon arbre. Victor était le dernier enfant d’Alexandre Lesoin(1) et Clémence Notot, mariés en 1873 à Marchiennes et qui ont eu, bien sûr plusieurs enfants avant lui.

D’abord, Sophie Adélaïde, née le 4 novembre 1874 : elle se marie en 1897 à Marchiennes avec Désiré Bot : on leur connait une descendance puisqu’il s’est trouvé au moins une personne en son sein pour avoir la bonne idée de construire un arbre généalogique et même de le publier (sur Geneanet). Je l'avoue, pour les collatéraux, les arbres de leurs descendants sont souvent une ressource fort intéressante (à condition de vérifier tout de même), et puis c'est aussi l'occasion de trouver et d'échanger avec de lointains cousins que l'on ne connaît pas mais avec qui on partage tout de même quelques ancêtres.

Après Sophie, vint Alexandre, prénommé comme son père, le 18 décembre 1876. Tiens donc, nous voilà avec un possible futur combattant de la Grande Guerre! Il fut en effet "rappelé à l'activité en août 1914 puis envoyé "en sursis aux mines de Bruay" en février 1916, avant d'être réformé pour "délire mélancolique avec état confusionnel". On notera que si sa fiche matricule le dit "journalier", c'est bien comme mineur qu'il est envoyé à Bruay.

Ensuite naquit Marie, le 12 mai 1882, dont je sais qu'elle se maria avec Jules Rezet en 1907. Ce dernier fut aussi mobilisé, puis détaché à la "maison Lefort et cie forges et clouteries de Mohon à Marseille", ce qui contredit sa profession de mineur qui apparait sur sa fiche matricule et serait plus cohérent avec celle de tréfileur. De Marie, quant à elle, je note juste qu'elle a vécu jusqu'à l'âge avancé pour l'époque de presque 90 ans puisqu'elle décède en 1972 à Villeuneuve-Saint-Georges, ce qui confirme au passage la grande migration des enfants de Marchiennes...

Auguste est lui né en 1885 et sera verrier(2) selon les indications de sa fiche matricule qui apprend qu'il fut réformé en 1907 pour tuberculose et resta "en pays envahi" avant d'être confirmé, en 1918, dans son statut de réformé. Toutefois, il eut une surprenante longévité pour un tuberculeux puisqu'il décéda, selon ce qui est inscrit sur son acte de naissance, en 1969 à Marchiennes!

L'enfant suivant fut prénommé Julia, née le 11 juillet 1889. Elle semble bien avoir vécu à Marchiennes toute sa vie et y décède en 1964. Elle s'est mariée en 1910 avec Félix Marie Rollin dont on ne saura rien de la vie militaire car il fut exempté selon ce qui est dit dans la table du recrutement de Cambrai en 1907(3). On notera qu'il est étrangement dit sans profession à son mariage alors que son père est tréfileur lui aussi.
 

L comme Lesoin

Jules naquit en 1892, le 1er juin. Lui aussi fut mobilisé en 1914, alors qu'il avait été réformé en 1913 en raison d'un "accident récent". Sa fiche matricule est assez étrange, avec un pavé collé en plein milieu qui dit qu'il fut présent au 17è RAC du 16/08/1915 au 23/07/1917. On n'en saura pas plus. Il est cependant certain qu'il en est revenu puisqu'il s'est marié à Beuvry en 1921 et qu'il y est décédé en 1965. Si sa fiche lui attribue la profession de "mineur-piqueur", il est assez probable qu'il en exerça une autre après la guerre, Beuvry étant plutôt alors une commune rurale.

Et nous voilà enfin à Victor, le dernier de la fratrie. Quand il nait le 7 février 1895 rien évidemment ne le destine à mourir pour la France le 18 août 1915 à la tranchée de Calonne. Sa fiche matricule le dit lui aussi mineur et n'apprend guère sinon pour rappeler que la classe 1915 fut appelée dès 1914...Et sa fiche sur Mémoire des Hommes ne fait que confirmer ces informations.

L comme Lesoin

Ainsi a donc été évoquée une fratrie qui traversa la guerre de 14, perdant son benjamin. Au delà de la guerre, elle met aussi en lumière une époque de grande mutation dans la vie des enfants de Marchiennes, très semblable avec ce que j'ai raconté ici à propos des enfants d'Achille Groulez et Philomène Lesoin voilà quelques mois. Beaucoup sont partis de la petite ville, certains y sont revenus. La présente fratrie sort du monde agricole: le père est journalier, comme le seront aussi les aînés, les enfants vont chercher du travail dans l'environnement industriel alors en plein essor. L'un sera tréfileur, d'autres mineurs.

Et Victor tombera à la tranchée de Calonne.

Tréfilerie de Marchiennes

Tréfilerie de Marchiennes

  1. Alexandre Lesoin n'est autre que le frère de Florence évoquée ici même lors du Challenge AZ 2016 lorsqu'elle fut identifiée comme étant, avec Edouard Wuillez son époux, la racine d'une branche américaine découverte à cette occasion.
  2. Il est dit journalier lors de son mariage en 1908 avec Aline Petit
  3. Aurait-il été appelé sous les drapeaux en 1914 qu'on n'en saurait probablement guère plus, les registres matricules de Cambrai pour cette classe ayant été transférés à Valenciennes sont presque intégralement perdus.

Publié dans 14-18, ChallengeAZ, Généalogie

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