T comme Jean Baptiste Tétart

Publié le par Paddygenéalo

Je suis toujours perplexe quand je rencontre une fiche « non mort pour la France » sur Mémoire des Hommes. Surtout en pensant à quelques soldats de l’arrière victimes de la grippe espagnole et non des balles, obus ou gaz allemands… Je ne voudrais pas manquer, à travers un exemple pris dans mon arbre généalogique, de rendre hommage à ces hommes, morts eux aussi lui de chez eux.

Le cas de Jean Baptiste Tétart est somme toute banal : né en 1871, il est néanmoins appelé en août 1914 pour être aussitôt renvoyé dans ses foyers, avant d’être rappelé en février 1915 pour être détaché dans une usine de l’arrière, les forges et aciéries de Saint-Chamond, où il décèdera le 3 juin 1918, à l’âge de 47 ans. Il n’y a pas de transcription à Hélesmes(1), sa commune d’origine et il faudra attendre encore un peu pour avoir en ligne l’acte original(2). D’après la fiche Mémoire des Hommes, il est décédé à l’hôpital de maladie non imputable au service… Ouais…

T comme Jean Baptiste Tétart

Il n’était pas illogique pour l’armée d’envoyer ce soldat en usine : il était dans le civil « usinier » si on en croit son acte de mariage, à Hélesmes, en 1901. C’est aussi sa profession lorsque sa fiche matricule est établie, probablement en 1891, et on peut supposer que cela n’avait pas changé lorsque la guerre éclate. C’est aussi ce qui est indiqué lorsqu’il déclare la naissance de son fils Gustave en 1903. Hélas, l’enfant décède en 1909 et quand son père, accompagné d’un parent (dit « cousin par alliance du défunt ») le déclare à la mairie, les deux sont simplement dits ouvriers. Tant lors de ce triste, mais si banal à l’époque, évènement qu’à son mariage, Jean Baptiste Tétart signe, mais on sent bien qu’il n’écrit pas souvent, peut-être même ne sait-il que signer. Il n’a pas dû aller beaucoup à l’école.

Jean Baptiste Tétart était cousin germain de mon arrière-grand-père Henri Lassère, né aussi à Hélesmes, en 1873. Ce dernier est ouvrier sur sa fiche matricule, il sera dit domestique lors de son mariage, puis garçon brasseur. Je sais aussi que deux de ses frères, témoins à son mariage étaient alors mineurs. Mineurs de fond, évidemment. Henri Lassère, lui, fut certes mobilisé en 1914 mais « n’a pas rejoint » et fut « présumé resté en pays envahi ». Les deux cousins avaient pourtant une situation militaire comparable, appartenant à la réserve de l’armée territoriale, depuis 1913 pour Henri et 1911 pour Jean Baptiste.

Il me paraît évident que les deux cousins, presque du même âge, vivant au même endroit, se sont connus. Ont-ils gardé le contact à l’âge adulte ? Ma grand-mère a-t-elle connu ses cousines ? Je n’en sais rien, il est évidemment beaucoup trop tard pour lui demander. Tout juste puis-je me rappeler qu’elle rendait visite, de temps à autres, à des cousines dans le valenciennois. Cousines que je n’ai pas souvenir d’avoir rencontrées. Alors, pourquoi ne pas imaginer qu’elles étaient les filles de Jean-Baptiste Tétart, cousin lui-même de mon arrière-grand-père ?

  1. Hélesmes, commune du Nord, à ne pas confondre avec Hellemmes, commune du Nord aussi et absorbée par Lille. Hélesmes se situe dans l’arrondissement de Valenciennes, elle est aussi limitrophe de l’arrondissement de Douai, où se fixèrent mes ancêtres qui en venaient.
  2. Les actes en ligne de Saint-Chamond, pour les décès, s’arrête actuellement à 1914.

 

Publié dans 14-18, Généalogie, ChallengeAZ

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