W comme Willay de Wandignies

Publié le par Paddygenéalo

Même si ça pourrait sonner comme une famille noble, et malgré deux « W », ce sont des gens tout à fait ordinaires qui sont le sujet d’aujourd’hui. A vrai dire, on aura un Wuilliez et un Wuillai, occasion de rappeler, s’il en est besoin, que les noms de famille ont changé au fil du temps et au gré des curés puis officiers d’état-civil qui rédigeaient des actes que les familles concernées étaient bien incapables de vérifier.

Les deux sont des cousins très éloignés puisqu’il faut remonter à Michel Willay (1593-1656) et Jeanne Baillet (1590-1675) pour retrouver les ancêtres communs, les Willay de Coutiches, lesquels sont sans doute apparentés aux Willay de Château-l’Abbaye, eux-mêmes présents dans mon arbre via mon grand-père maternel quand ceux de Coutiches le sont via ma grand-mère maternelles (et probablement aussi via mon autre grand-mère bien que je ne l’ai pas établi).

Tous deux figurent au monument au mort comme au livre d'Or de Wandignies-Hamage, c'est d'ailleurs en effectuant l'indexation de la commune sur Mémoire des Hommes que je les ai découverts.

François-Joseph Wuillai est né à Wandignies-Hamage le 19/10/1882. On découvre par sa fiche Mémoire des Hommes qu'il habitait Somain, cependant c'est bien à Wandignies que son décès a été transcrit le 12 mars 1920, d'ailleurs sous le nom de Wuilaie... On n'était plus à une variante près(1). Sa fiche matricule le dit journalier. On sait aussi de lui qu'il s'est marié en 1910 à Denain avec Blanche Moreau, je n'ai pas vraiment cherché à savoir s'ils ont eu le temps d'avoir des enfants. Ajoutons encore que sa mère s'appelait Célina Piedanna, née à Somain (ce qui explique peut-être la mention de la fiche Mémoire des Hommes) mais portant un nom typique de Marchiennes, qui laisse penser qu'un cousinage existe aussi de ce côté(2).

W comme Willay de Wandignies

Il est décédé à l'hôpital mixte d'Avignon où il avait été évacué après avoir été blessé. Voilà une occasion de rappeler qu'au début de la guerre, les blessés étaient systématiquement envoyés à l'arrière, parfois fort loin du front, et que bien sûr beaucoup sont mort autant de la longueur du transfert que des blessures reçues sur le champ de bataille. Ce n'est que plus tard, en particulier avec les voitures radiologiques de Marie Curie, que l'on traitera au maximum les blessés près du front.

W comme Willay de Wandignies

Passons donc à Joseph Wuilliez, dont la fiche matricule (cf extrait ci dessus) apprend qu'il était cultivateur. Plus surprenant, elle précise aussi son mariage en 1906 avec Léonie Dubus: il est plutôt rare de trouver ce genre d'information sur ces fiches.

Lui aussi mobilisé en août 1914, il meurt à l'ambulance n°2 du 4è corps d'armées des suites de blessures de guerre. On peut supposer que les dites blessures étaient trop graves pour envisager son évacuation vers un hôpital de l'arrière.

Bien que la fiche Mémoire des Hommes indique une transcription à Douai, on ne l'y trouve pas. Elle existe en revanche à Wandignies-Hamage. Le lien avec Douai doit cependant exister car Joseph Wuilliez figure à son livre d'or.

W comme Willay de Wandignies

Voilà donc évoqués deux cousins bien éloignés qui auront permis, outre de satisfaire la lettre "W", de dire quelques mots à propos du sort des blessés dont tant ont succombé, victimes autant des connaissances de leur époque que des balles et obus.

  1. C'est à l'occasion du présent post que je me suis intéressé à ce cousinage qu'il aurait été fort difficile de mettre en évidence sans consulter le "relevé de Wandignies" sur le site Geneanet, source sans aucun doute fiable en raison de son auteur.
  2. Les vieux marchiennois diront qu'à Marchiennes, tout le monde est cousin.. ce qui était sans doute vrai jusqu'à la fin du XIXè siècle et à condition parfois de remonter assez loin.

Publié dans 14-18, ChallengeAZ, Généalogie

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