Marcelle

Publié le par Paddygenéalo

Il y a 38 ans aujourd'hui Marcelle Fortunée Groulez, veuve Bernard, nous quittait. Quelques semaines après le décès de mon grand-père paternel, je perdais ma grand-mère maternelle. Et j'étais loin. Je n'ai pas un souvenir aussi précis que pour la lettre m'annonçant le décès de mon grand-père, que je me revois encore récupérer dans mon casier, dans le grand hall du bâtiment administratif de l'INSET d'Abidjan. Peut-être le premier souvenir a-t-il occulté le second, ou peut-être ai-je inconsciemment confondu les deux.

Je n'ai pas non plus un souvenir aussi précis de ma dernière visite à Mémé, en septembre 1981, avant mon départ en coopération. Probablement parce qu'elle n'était pas chez elle mais séjournait chez ma tante, sa fille. Donc dans une maison dont je n'ai guère de souvenirs, contrairement à celle de la rue St Jean où je rendis ma dernière visite à mon grand-père. Mémé était veuve depuis deux ans et demi, et habitait principalement chez sa fille, à Sarcelles. Et c'est ainsi qu'elle est décédée à Gonesse, Val d'Oise, où elle n'avait aucune attache.

Mais bien sûr, c'est de la grand-mère de mon enfance dont je me souviens le plus.

Marcelle

Cette photo, je n'en connais ni la date ni le lieu. Probablement fin des années 50 ou début des années 60, et sans doute à Sarcelles chez ma tante Yvonne, la soeur de ma grand-mère.

C'est une photo en noir et blanc, en mauvais état, que j'ai retravaillée et colorisée. Sans doute pas la meilleure dont je puisse disposer, mais voilà, c'est elle que j'ai choisie.

Mémé est née à Marchiennes en 1902. J'ai bien du mal à savoir si la famille y a habité en permanence entre sa naissance et la fin de la première guerre. Je pense qu'il y a eu une période de résidence à Aniche, mais je n'ai aucune certitude.

Je sais qu'elle nait rue de Saint Amand, c'est indiqué dans son acte de naissance. Son père Achille est alors tréfileur. Il était boulanger en 1893 à son mariage et sa fiche matricule montre qu'entre la naissance de sa première fille Yvonne en 1895 et celle de la seconde, il a beaucoup voyagé, probablement seul, à la recherche du travail sans doute.

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Certains des lieux cités dans cette liste me sont connus, en particulier Montreuil-Belfroy où d'autres Groulez sont passés et où se trouvait, je crois, une tréfilerie liée à celle de Marchiennes.

La période entre 1901 et 1918 ne comprend hélas aucune information. Mais une autre mention sur la fiche indique "rapatrié le 14 février 1918", je ne sais pas ce qu'elle signifie. Avait-il été envoyé, prisonnier civil ou militaire, en Allemagne? Il ne semble pas avoir été mobilisé (classe 1890) en 1914, il était réformé depuis 1907 pour "bronchite spécifique". Mais en 1918 il est à Joinville chez M Beaumont, lequel vit probablement maritalement avec Elise Groulez, soeur d'Achille et donc tante de ma grand-mère, même si leur mariage n'intervient qu'en 1926.

Je n'ai donc pas d'indications sur la période de la guerre, que la famille, avec ou sans le père, passe autant que je le sache à Marchiennes. Il me reste des souvenirs, peu précis, comme celui de ce médecin militaire allemand qui aurait prescrit un "fortifiant" à ma grand-mère, alors très jeune fille, sous la forme d'eau dans laquelle on laissait rouiller des clous... Il y a certainement un fond authentique là-dedans, mais à quel point?

Les informations sur l'après-guerre sont plus nombreuses, grâce aux recensements. Ainsi, celui de 1921 à Joinville-le-Pont fait état d'un "ménage" composé de ma grand-mère et ses parents mais aussi sa soeur et son époux Charles Vickel, qui sera un peu plus tard témoin au mariage de mes grands-parents. Yvonne et Charles se sont mariés en 1920 à Joinville même si lui aussi était du Nord, d'Aniche plus précisément.

Marcelle

Outre l'information selon laquelle Achille est "employé sans emploi", on découvre que Mémé était "bonne" chez Berthier, c'est à dire en réalité chez sa tante Marthe Groulez dont le mari est boucher, ou marchand de chevaux selon les époques et les documents, dans le 13è arrondissement de Paris, place Pinel.

En 1923, les Groulez habitent Douai, Achille est épicier. C'est du moins ce qui est indiqué dans l'acte de mariage de mes grands-parents. Quand et pourquoi sont-ils revenus dans le Nord? Mystère. C'est pourtant un élément qui conditionne ma propre existence. J'ai souvent entendu parler de l'héritage d'un oncle d'Amérique. Mais je n'ai toujours pas trouvé ce fameux oncle, même si en le cherchant j'ai trouvé d'autres cousins américains.

Ma première tante, Antoinette, naît à Amiens en 1925, sa soeur Nicole à Rouen en 1930, puis ma mère à Sotteville(1). Ensuite, la famille revient à Douai, bien avant la guerre et y restera, si on excepte l'exode de juin 1940 qui les mena en Bretagne, faute de gagner l'Angleterre.

A la fin des années 60, mon grand-père étant à la retraite, ce fut le déménagement en Dordogne, à Nontron. Finis les jeudis au boulevard. Du jour au lendemain, pépé et mémé que je voyais au moins deux fois par semaine étaient au bout du monde. Pourtant, cette distance fut largement tempérée par le fait qu'ils venaient tous les automnes dans le Nord et habitaient donc avec nous quelques semaines.

Mon vrai dernier souvenir, c'est cette fin d'août 1977 que j'ai déjà évoquée à propos de "sosa 6" mon pépé. Visite imprévue, liée à des circonstances improbables lors du retour d'un périple jusqu'en Grèce par "carte inter-rail". Brève visite au goût des jeudis anciens. Avec un au-revoir sur un quai de gare dont je ne pouvais encore avoir conscience qu'il était un adieu, un adieu du moins à vous deux.

Sans doute aurais-je pu évoquer d'autres souvenirs du boulevard, où je suis né d'ailleurs. Peut-être une autre fois.

  1. Mes tantes ne figurent pas dans mon arbre en ligne. Elles sont décédées et je me pose toujours la question du bien-fondé de leur inclusion à la version publiée (où elles ne seraient de toute manière visible que par quelques utilisateurs autorisés).

Publié dans 1J1Ancetre, Généalogie

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