11 septembre 2001

Publié le par Paddygenéalo

Bien sûr, me rappeler ici de cette journée du 11 septembre 2001 n'est pas exactement de la généalogie. Et pourtant, la généalogie n'est-elle pas de l'histoire, celle des origines. Et il se trouve que le 11 septembre 2001 est une date qui compte, et qui devait compter dans mon histoire familiale.

Pour tout dire, je ne me souviens pas vraiment du début de la journée, même si je peux assez facilement le reconstituer.

Ce jour là devait être important, de ceux dont on se souvient. C'était un mardi, çà je le sais parce que c'était le mardi que nous avions choisi, plutôt que le lundi ou un des autres jours qui auraient pu convenir. Parce qu'en effet, il fallait bien choisir un jour pour notre déménagement. Et pas un petit déménagement tranquille, non: nous quittions la région parisienne, et la France pour aller nous installer à Washington, DC. En ce qui me concerne, cela faisait à peu près un an que je passais plus de temps là bas qu'en France, pour des raisons professionnelles. Et puis, la boite que nous montions, avec un groupe de compagnies aériennes, étaient en train de passer de l'état de projet à celui d'entreprise et j'avais eu l'opportunité d'y être embauché. Passeports en règle, visa de travail (H1B) dans le mien, nous déménagions! Le reste de la famille était déjà venu me rejoindre à DC pour quelques jours, pour des vacances. Et d'ailleurs, nous étions allés à New York, par la route. En venant de DC, via Philadelphie, on  découvrait New York avec la vue des deux tours jumelles.

Cette fois, ce mardi 11 septembre, c'était le grand départ! Mes parents étaient venus du Nord nous accompagner à Roissy, et nous aider un peu à transporter les bagages qui ne pouvaient tous tenir dans la voiture que j'avais louée pour l'occasion. Au fond, ce n'était pas un vrai déménagement puisque nous avions laissé le mobilier en France et puis j'avais déjà transporté pas mal de petits objets et vêtements lors de mes voyages précédents et surtout le gros de ce qui partait avec nous avait déjà été envoyé en fret (et du coup est arrivé bien avant nous...).

C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés, après les adieux d'usage à la famille qui restait en France, dans une salle d'embarquement de l'aéroport Charles de Gaulle à Roissy. C'était pour nous un lieu familier et même si les circonstances étaient un peu particulières, il n'y avait pas d'appréhension, même pas d'excitation de "prendre l'avion" puisque nous y étions tous bien habitués.

Nous attendions tranquillement que l'on appelle l'embarquement de notre vol.

Il n'a jamais été appelé.

Des annonces se sont succédées: d'abord un vol retardé, ce qui n'a rien d'extraordinaire même si c'est désagréable. Puis un autre, encore un autre, et plusieurs vols transatlantiques retardés, dont le nôtre. Et tous les vols. Et là, nous nous sommes dits qu'il se passait quelque chose. La météo? Un détournement? Un accident? Nous avons supputé une heure, deux heures, peut-être plus, je ne sais plus. C'était long, mais nous pensions que notre vol finirait par partir.

Il n'est pas parti. Nous ne savions pas ce qui se passait. Je crois avoir fini par comprendre, mais sans trop savoir, qu'il se passait quelque chose à New York et comme nous allions à Washington, nous nous sommes dits que notre vol allait finir par partir. Nous ne pouvions imaginer ce qui se passait. C'est qu'en 2001, on n'était pas connectés comme aujourd'hui: pas d'internet mobile sur les téléphones, qui ne servaient qu'à téléphoner.

Au bout d'un moment, la rumeur d'un attentat à New York a circulé. Comment était-elle arrivée jusqu'en salle d'embarquement, je ne le sais pas. Au moins savions nous à quoi nous en tenir et n'avons nous pas été surpris lorsque tous les vols ont été annulés et que la sortie des passagers a été organisée, avec récupération des bagages...

Comme les téléphones servaient tout de même à téléphoner, nous avons pu joindre mes parents qui ont fait demi tour et sont venus récupérer les enfants. Heureusement, les circonstances faisaient que nous avions toujours (pour quelques semaines!) le logement où nous habitions. Je me souviens être allé à l'agence Hertz de Roissy pour voir si je pouvais louer un véhicule pour rentrer et transporter tous les bagages qui restaient et n'auraient pas tenu dans un coffre de taxi... Ils étaient bien sûr en rupture mais ils ont pu me trouver un véhicule dans une agence de Paris, où je me suis rendu en transports en commun. Ma femme est restée à Roissy, je l'ai retrouvée plus tard, avec les bagages...

Je me souviens que dans le RER, les gens parlaient. Je me souviens aussi avoir prononcé le nom de Ben Laden. Je ne me souviens pas ce qui fait que je connaissais ce nom, il me semble que l'on avait parlé de ce fils de famille saoudien parti à l'aventure en Afghanistan et devenu chef de bande terroriste. Pourtant à ce moment là, je n'avais qu'une très vague idée de ce qui s'était passé de l'autre côté de l'Atlantique. Je ne savais par exemple pas que le Pentagone avait été attaqué. Ce même Pentagone à côté duquel nos bureaux allaient déménager quelques semaines plus tard.

D'ailleurs les images, celles des avions contre les tours, je ne les ai vues que beaucoup plus tard, une fois à Washington! Parce que oui, finalement, après environ trois semaines d'attente, nous avons bien déménagé.

Pentagone (Source Pixabay)

Pentagone (Source Pixabay)

PS: C'est seulement il y a quelques jours que j'ai appris que les services d'Air France avaient renseigné ma soeur par téléphone ce jour là à propos de notre vol. J'imagine le nombre d'appels auxquels ils ont dû répondre...

PS 2 : il y aurait beaucoup à raconter sur la réaction américaine, les drapeaux partout encore plus que d'habitude, toutes les semaines qui ont suivi, et même encore un an plus tard au Pentagone, le souvenir. Là, j'étais en face, au bureau. Mais je me suis limité au 11 septembre.

Publié dans Spécial

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A
Moi j'étais (et suis encore) au Texas, en route pour le boulot un peu après 7h30 du matin (Central Time) et j'ai eu connaissance de la première tour frappée par un avion par la radio dans la voiture. On ne parlait pas encore de terrorisme. A l'arrivée au bureau, la deuxième tour a été frappée et alors les rumeurs ont commencé: c'était bien un acte de terreur! Et il y avait encore deux catastrophes à venir au Pentagone et en Pennsylvanie. Nos chefs toujours tatillons, nous ont tout de même donné accès à la télévision dans la salle de conférence. Nous n'avons pas été très productifs ce jour-là. C'était une bonne chose que mon mari était en retraite de l'armée depuis un an, car il se serait retrouvé en Afghanistan. J'ai pourtant vu tous les gars de notre base partir dans les mois qui ont suivi car j'habite près de l'aéroport où les autobus les amenaient par vague pour partir en Afghanistan. Même chose sur l'autoroute et la ligne de chemin de fer qui la longe: les convois de matériel militaire étaient interminables.
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P
Merci pour cet autre témoignage. Nous avons chacun notre histoire, mais ce jour là y a une place à part.