Auby 14-18

Publié le par Paddygenéalo

Après une petite pause pour rafraîchir Marchiennes, et indexer ceux que j’avais oublié en ne prenant comme source que le livre d’or, je suis arrivé à Auby. Un gros morceau, même si les suivants le sont encore plus, avec 137 noms entre monument et livre d’or.

Mais pas de surprise, Auby, à la veille de la guerre était tout à fait dans l’ère industrielle avec la mine mais aussi l’industrie, et notamment une usine que tout le monde dans le coin appelait « les Asturies », de son vrai nom usine de la Compagnie Royale Asturienne des Mines. Souvenirs… une odeur terrible que les chimistes, ou ceux qui ont un peu étudié, reconnaissent comme celle de l’H2S et que les autres qualifient plus simplement d’œuf pourri. Eh oui, c’est dans cet univers là qu’ont grandi les hommes que l’on a envoyé se faire tuer à la guerre. Un univers que ceux qui n’ont pas connu les vieilles régions industrielles ne peuvent même pas imaginer, à moins qu’ils ne s’organisent un voyage dans quelques régions de Chine, pour l’instant.

Auby, c’est une population de 4462 habitants selon le recensement de 1911. 4500 pour faire rond et tant qu’à faire tenir compte de la croissance, en 1914. En gros 3% de la population a fini sur le monument aux morts. C’est à peu près dans la moyenne de l’arrondissement de Douai. On compte tout de même 10 victimes civiles, c’est-à-dire indiquées comme telles sur le monument. Parmi ces civiles, certains sont dits « décédé accidentellement par éclatement d’obus » dans leur acte de décès mais pour d’autres la précision n’est pas donnée : on peut toutefois supposer que tous ont bien été ce que l’on appelle de nos jours des « victimes collatérales » des tirs des canons, probablement français ou alliés qui visaient sans doutes les usines que l’occupant allemand avait mises à son service. Il y a aussi 6 noms que l’on ne retrouve pas dans « Mémoire des Hommes », décédés entre 1919 et 1921 sans indication sur l’acte de décès. Certains avaient été envoyés dans d’autre région exercer leur métier de mineur ou d’ouvrier : ils participaient aussi à l’effort de guerre. L’un, Firmin Guédin, est manifestement décédé des suites de sa captivité en Allemagne.

Parmi ces civils, on s'arrêtera sur le cas d'Auguste Wafflart car ce qui est écrit dans son acte de décès est révélateur de ce que fut, pour les populations, la réalité de cette occupation. Et aussi pourquoi en 40 tout le monde a pensé à "évacuer"... Je me répète, je sais, mais il est toujours bon de le rappeler à ceux des autres régions qui n'ont entendu parlé ni de l'occupant, ni des bombes le plus souvent anglo-américaines, ni des maisons explosant juste alors que l'on était au coin de la rue pour justement évacuer en 1940... 
 

Auby 14-18

Et puis, il reste quatre noms que je n’ai pas plus réussi à identifier que les auteurs des relevés disponibles (MemGenWeb par exemple). Ils ne sont pas présents dans la base de Mémoire des Hommes, ce qui laisse penser que ce sont probablement soit des civils (mais pas inscrits comme tels au monument) soit, plus probablement, des soldats « détachés » en usine ou dans d’autres bassins miniers dont le décès n’a pas été transcrit à Auby et qui n’y sont pas non plus nés, ce qui rend leur identification difficile. Parmi eux toutefois, relevons le nom d’Oscar Schaefflen : il existe bien un soldat de ce nom, né à Hallines (62) en 1877 et présent à Auby en 1903 selon sa fiche matricule mais celui-là, fait prisonnier à Douaumont ne serait mort qu’en 1947 selon plusieurs arbres Geneanet. Alors, peut-être un de ses neveux car il y a bien des Schaefflen (ou Schoefflen…) présents à Auby mais les seules naissances qui pourraient correspondre sont celles d’un fils de du premier Oscar, né en 1903 (marié en 1927 !) et d’une fille de Jean Eugène, frère du précédent, et de toute manière en 1910. Une inscription par erreur ? Un autre Oscar ? Mystère. Pour l’instant…

Quant à la sociologie d’Auby à la veille de la guerre, on voit que s’il reste bien quelques métiers agricoles (6 cultivateurs et 4 ouvriers agricoles, et encore un « ouvrier de ferme »), plus les habituels métiers nécessaires à la vie d’une commune de cette taille (3 boulangers, 2 cordonniers sans oublier un instituteur et divers autres parmi lesquels quelques curiosités comme un sommelier), ce sont surtout les métiers liés à la mine (27 mineurs ou houilleurs) et à l’industrie (fondeurs, zingueurs et autres ouvriers) qui prédominent. Et puis 3 bateliers pour lesquels j’ai un regard particulier mais avec qui je ne me suis pas trouvé de parenté. Des bateliers, forcément puisque le canal passe à Auby, aussi.

Auby 14-18
Le monument (source Lille 3)

Le monument (source Lille 3)

Pour en savoir plus:

  • La page du site Lille-3 consacrée au Monuments d'Auby
  • La carte des lieux de décès

Liste des personnes :

Publié dans 14-18, Lieux

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